La chute est si spectaculaire qu’elle a suscité de nombreuses interrogations. Après avoir attiré 4,7 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2023, le Sénégal ne s’est retrouvé qu’avec 37 millions de dollars en 2025. Comment expliquer une telle dégringolade ?
Comme l’a déjà indiqué Seneweb, la première explication se trouve dans l’exécution des grands projets pétroliers du pays. Durant la phase de développement de Sangomar et de Grand tortue Ahmeyim (Gta), les compagnies avaient consenti d’importants investissements. Mais l’entrée en phase de production marque la fin du cycle des investissements massifs.
Autrement dit, les compagnies pétrolières et gazières ont progressivement achevé la période d’injection massive de capitaux étrangers consacrée au développement des deux mégaprojets que sont Sangomar et Gta.
La dette dite cachée et le risque souverain
La seconde cause est liée à la situation économique et financière du pays. L’affaire de la dette dite « cachée », la suspension du programme avec le Fonds monétaire international (FMI) et les interrogations sur la trajectoire budgétaire du Sénégal n’ont pas contribué à rassurer les investisseurs.
À cela s’est ajoutée une succession de dégradations de la note souveraine du pays. Ces décisions ont eu pour effet de rehausser la perception du risque souverain et, plus largement, de peser sur le climat de confiance des investisseurs institutionnels.
Face à cette situation, les autorités sénégalaises assurent toutefois ne pas rester les bras croisés. Plusieurs réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et à renforcer l’attractivité du pays ont été engagées. L’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) a notamment annoncé un ambitieux programme de réformes, avec l’adoption d’un nouveau Code des investissements.
Plus de 15 milliards de dollars d’IDE potentiels
Celui-ci prévoit notamment un abaissement du seuil d’éligibilité, qui passerait de 100 millions à 15 millions de FCFA, un traitement des dossiers en moins de dix jours ouvrables, ainsi qu’un renforcement de la sécurité juridique des investisseurs. Le nouveau dispositif prévoit également une stabilité fiscale garantie pour une période de trois à cinq ans, ainsi qu’une protection juridique renforcée.
Les autorités misent également sur plusieurs grands projets pour relancer l’investissement étranger. « Les perspectives demeurent favorables avec un portefeuille de projets structurants représentant un potentiel de plus de 15 milliards de dollars d’IDE entre 2026 et 2030, porté notamment par Yakaar-Teranga (7,5 milliards de dollars), le corridor ferroviaire Dakar-Kidira-Bamako (2,6 milliards de dollars) et le Grand Transfert d’Eau (près de 8 milliards de dollars) », indique l’APIX.








