En tournée dans la zone Sud à la rencontre des autorités religieuses, coutumières et des rois du département d’Oussouye, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a délivré un message au nom du président de la République. Au cœur de son propos : la clarification sur l'usage des fonds dits secrets ou spéciaux, dans un contexte marqué par la récente décision du Conseil constitutionnel qui a rappelé à l'ordre la majorité parlementaire.
Tout en réaffirmant les engagements du plan gouvernemental pour la Casamance — notamment à travers les chantiers d'infrastructures en cours —, le ministre a tenu à livrer la « vraie version » des faits aux chefs traditionnels et religieux pour couper court aux polémiques croissantes.
« Un outil institutionnel d'appui aux régulateurs sociaux »
Yankhoba Diémé a rappelé que ces crédits existent dans l'architecture de tous les États souverains et qu'aucun chef de l'État ne peut s'en passer. Selon lui, ces ressources servent prioritairement à soutenir les autorités coutumières et religieuses dans leur mission de régulation sociale et de préservation de la paix nationale. « Personne n’est obligé d’expliquer qu’il a aidé un Khalife ou une autorité coutumière pour asseoir la stabilité du pays. La loi même l’interdit », a-t-il martelé, fustigeant les sorties publiques qui, d'après lui, affaiblissent l'État.
S'exprimant sur le plan juridique après l'arbitrage du Conseil constitutionnel, le ministre des Forces armées a tenu à distinguer le domaine de la loi de celui du règlement. « Dès que vous vous référez à un décret, cela prouve que le domaine relève du règlement et non de la loi. Moi, je fais face à la presse avec une loi pour justifier mes actes », a-t-il affirmé, estimant que cette précision juridique aurait dû éteindre la controverse d'emblée.
Inscrivant la démarche présidentielle dans la continuité républicaine — de Léopold Sédar Senghor à Macky Sall —, Yankhoba Diémé a conclu en rappelant que les fonds politiques ne constituent pas un privilège personnel, mais bien un instrument institutionnel destiné à consolider les piliers de la stabilité et de la concorde nationale.








