La campagne internationale de l’ancien président sénégalais Macky Sall pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies a pris une dimension de plus en plus concrète. Les rencontres qu’il vient d’avoir avec les représentants permanents de trois membres permanents du Conseil de sécurité – la France, les États-Unis et la Chine – constituent une étape diplomatique particulièrement significative.
En échangeant successivement avec Jérôme Bonnafont, Michael Waltz et Fu Cong, respectivement Représentants permanents de la France, des USA et de la Chine au Conseil de sécurité de l’ONU, le Président Macky Sall démontre qu’il demeure un interlocuteur crédible sur les grands enjeux du système multilatéral. Les thèmes abordés – réforme des Nations Unies, défis contemporains du multilatéralisme et gouvernance mondiale – sont précisément au cœur des responsabilités du futur Secrétaire général.
Ces audiences revêtent une importance particulière, car le véritable rapport de force se joue d’abord au Conseil de sécurité. Dans la pratique, le futur Secrétaire général ne peut être imposé contre la volonté d’un membre permanent : chacun des cinq grands – États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni – dispose d’un pouvoir de blocage décisif. Autrement dit, une candidature peut être techniquement solide et politiquement visible, mais rester vulnérable au moindre signal de réserve, voire à une opposition discrète, de l’un de ces acteurs. Le fait que Macky Sall ait pu obtenir des échanges avec trois d’entre eux est donc un pas significatif dans cette marche vers le secrétariat général des Nations unies.
Le contexte actuel rend l’équation encore plus complexe. Les membres permanents ne recherchent pas seulement un profil compétent ; ils cherchent surtout un candidat acceptable pour tous, capable de préserver leurs intérêts sans apparaître comme l’émanation d’un seul camp. Dans un Conseil de sécurité traversé par les tensions entre Washington et Pékin, par les crispations liées à la guerre en Ukraine et par les rivalités persistantes sur les dossiers africains et moyen-orientaux, la moindre candidature est évaluée à l’aune de sa capacité à ne froisser aucune grande puissance. C’est précisément là que se situe la principale difficulté que le Président Macky Sall devra transformer en opportunité pour convaincre qu’il peut être un arbitre, et non un choix perçu comme trop proche de l’un ou l’autre bloc.
Au-delà des rencontres elles-mêmes, c’est le profil du candidat qui apparaît comme un atout. Fort de douze années à la tête du Sénégal, ancien président de l’Union africaine et acteur reconnu sur les questions de paix, de sécurité et de développement, le Président Macky Sall dispose d’une expérience qui répond aux exigences d’une fonction appelant à la médiation, au dialogue et au consensus.
Ses chances demeurent réelles, même si la compétition s’annonce particulièrement exigeante. Le choix du prochain Secrétaire général dépendra autant des équilibres géopolitiques que des qualités personnelles des candidats. Dans un contexte international marqué par les tensions entre grandes puissances, les conflits régionaux et la remise en question du multilatéralisme, le profil du Président Macky Sall, un homme capable de dialoguer avec toutes les sensibilités, peut constituer un atout majeur. Mais cette qualité, à elle seule, ne suffit pas : il faudra aussi franchir plusieurs obstacles concrets, à commencer par l’obtention d’un soutien africain suffisamment large, la neutralisation d’éventuelles réticences au sein du Conseil de sécurité et la capacité à apparaître comme un candidat de compromis dans une phase où les grandes puissances privilégient souvent la prudence à l’audace.
Pour l’Afrique, cette candidature représente également une opportunité historique car le Président Macky Sall figure parmi les personnalités les plus expérimentées et les plus visibles du continent.
Les consultations engagées à New York montrent en tout cas que la candidature de Macky Sall est prise très au sérieux. La route reste longue jusqu’à la décision finale, mais ces premiers contacts avec des acteurs majeurs de la diplomatie mondiale renforcent sa crédibilité et confirment qu’il est désormais un sérieux prétendant dont la candidature mérite toute l’attention de l’Afrique et de la communauté internationale.
Pour la suite, nous avons foi en l’avenir car il usera de ses talents de grand diplomate pour transformer ces signaux d’écoute en appuis explicites et éviter les blocages qui, au Conseil de sécurité, font souvent basculer une candidature prometteuse dans l’impasse.
Ibrahima Baba SALL
Ancien Vice-président de l’Assemblée nationale








