C’est sa première prise de parole devant la représentation nationale depuis sa nomination à la fonction de Premier ministre le 25 mai 2026 par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, suivie de la formation du gouvernement le 1ᵉʳ juin 2026. Ainsi, Ahmadou Al Aminou Lo a fait face aux députés « avec gravité et en pleine connaissance de ce que ce haut lieu représente dans notre Constitution ».
​« Les clivages politiques extrêmes et les violences verbales, ce n'est pas ça le Sénégal ! En ce moment solennel, ma pensée va à tous ceux dans ce peuple qui souffrent pour des raisons diverses : nos jeunes diplômés ou non diplômés, ou apprenants en quête d'un premier emploi, impuissants devant leurs propres besoins et ceux de leurs parents, les malades sans prise en charge adéquate, les personnes avec un handicap, la mère devant son enfant malnutri, la femme enceinte qui risque de mourir en donnant la vie, le père ou la mère de famille qui, à cet instant précis, n'a pas encore réuni de quoi préparer le repas de midi », liste-t-il.
​« Ma pensée va à tous ceux dans ce peuple qui souffrent pour des raisons diverses »
​Avant de poursuivre : « les retraités avec une pension très modique, ceux qui pataugent et cuisinent ou dorment dans des maisons inondées, les salariés qui commencent à compter dès chaque début de mois combien de jours de dépenses leur salaire tiendra, le travailleur de l'informel qui arpente la chaussée en ce moment en cherchant de quoi couvrir sa dignité, la femme rurale qui revient du puits après tant d'efforts pour puiser de l'eau, le parent d'élève qui se demande ce qu'il adviendra de son enfant qui est à l'école dès le cycle primaire, à l'avenir déjà incertain, l'agriculteur, le pêcheur et l'éleveur actuellement exposés aux intempéries pour gagner leur vie ».
​Le Premier ministre a aussi énuméré les forces de défense et de sécurité, parfois loin de leur famille, veillant nuit et jour sur notre sécurité au péril de leur vie, les Sénégalais de la diaspora dans la précarité, tiraillés entre le retour au pays et une vie stressante à l'étranger, ainsi que les jeunes qui mettent en jeu leur vie dans l'océan pour un Eldorado souvent imaginaire.
​« Enfin, à tous ceux qui sont depuis fort longtemps en détention à titre provisoire en prison, sans la moindre information sur quand démarrera l'instruction de leur dossier », ajoute-t-il.
​« Ce sont nos premiers mandants, ne l'oublions jamais »
​Poursuivant son discours, Al Aminou Lo est revenu sur les millions de ménages sénégalais reconnus statistiquement comme vulnérables, représentant environ 8 millions de personnes, soit 40 % de la population qui vit dans la pauvreté et la précarité.
​« Voilà la réalité. Voilà la vraie réalité de notre pays qui doit s'afficher sous les yeux de ceux qui nous regardent, résonner dans les oreilles de ceux qui nous écoutent, s'incruster dans les esprits et les cœurs de tous ceux qui nous suivent. Pensons à ces personnes avant de poser chacun de nos actes, de prononcer une parole, surtout dans le contexte que nous vivons aujourd'hui. Ce sont nos égaux et ils ont des droits et devoirs, en usufruit de ce que la Nation produit. Ce me sont nos premiers mandants, ne l'oublions jamais ».








