Après la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô devant la Représentation nationale, ce mardi 8 septembre, les réactions politiques s'enchaînent. Le président du mouvement Demain c’est maintenant, Mamoudou Ibra Kane, a livré sur X une analyse sans concession du grand oral du chef du Gouvernement, pointant du doigt un discours teinté de pessimisme et s'interrogeant ouvertement sur la pertinence du récent remaniement à la Primature.
​Tout en saluant le « franc-parler » du Premier ministre, l'ancien journaliste présentateur du Jury du Dimanche sur ITV, déplore un choix lexical qu'il estime anxiogène et révélateur d'un manque d'ambition pour le pays.
Revisitant les déclarations du chef du Gouvernement, il pointe un « verbatim inquiétant », égrenant plusieurs formules choc prononcées à la tribune : « Nous sommes une petite économie ouverte », « Nous sommes en ajustement structurel », « Notre pays ne vaut rien sur les marchés financiers » ou encore « Les Sénégalais sont (toujours) fatigués ».
​Selon le président de Demain c'est maintenant, qualifier le Sénégal de « petite économie ouverte » constitue une erreur de communication majeure : « Le risque pour un "petit", c'est d'être mangé par les grands, c'est-à -dire les requins. C'est un sacré manque d'ambition de la part d’un Premier ministre. »
​Face aux explications données sur la cherté de la vie et la hausse des prix, Mamoudou Ibra Kane rejette les justifications fondées sur la « saisonnalité » et qualifie de « litanie de vœux pieux » le recours répété aux « il faut » et « c'est inadmissible » au détriment d'engagements fermes.
​Co-responsabilité Diomaye-Sonko et appel à la co-construction
​Sur le plan politique, l'opposant s'interroge sur l'opportunité d'avoir remplacé Ousmane Sonko par son ancien collaborateur. Estimant que l'actuel président de l'Assemblée nationale « aurait dû être maintenu à la Primature », il rappelle que « Diomaye et Sonko sont co-responsables de la présente situation économique, financière et sociale ». Selon lui, le nouveau Premier ministre l'a lui-même confirmé en rappelant le principe selon lequel « Diomaye mòy Sonko et Sonko mòy Diomaye ».
​Au-delà des critiques, Mamoudou Ibra Kane salue plusieurs points de consensus dans l'intervention du chef du Gouvernement, notamment la condamnation du « discours xénophobe », le plaidoyer en faveur de la « loi de programmation militaire », le coup de gueule adressé à BP concernant le GNL, ainsi que la volonté affichée de réduire le train de vie de l'État.
​Afin de redonner de l'espoir aux populations, le président de Demain c'est maintenant renouvelle sa proposition d'organiser en urgence des « États généraux de l'économie, de la finance et du social » dans un esprit de co-construction, prenant acte de l'engagement de M. Lô pour la reddition des comptes : « La transparence est le prix de la confiance. Nous en dresserons les comptes. »








