Ce mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo s’est appesanti sur la situation financière du pays et aux relations du Sénégal avec le Fonds monétaire international (FMI). « Le Sénégal dispose d’atouts considérables pour passer d’un statut de pays à profil d’endettement parmi les plus dégradés dans le monde, à celui qui a été virtuellement le sien, avant la découverte de la dette dite cachée. Il nous faut donc renouer avec la communauté financière internationale des relations objectives et cohérentes », a-t-il lancé.
S’exprimant sur les relations avec le FMI, il a assuré que les Sénégalais ont droit à la clarté. « Tout d’abord, je voudrais relever la perception non conforme à la réalité sur cette Institution dont le Sénégal est membre au même titre que 190 autres pays. J’invite les Sénégalais à la lecture des statuts du FMI adoptés en 1944 à Bretton Woods (New Hampshire) et entrés en vigueur le 27 décembre 1945, à la fin de la guerre. Plusieurs modifications ont été ensuite apportées à ces statuts par le Conseil des gouverneurs où siège le ministre chargé des Finances du Sénégal avec les représentants des autres pays membres », narre-t-il.
« le FMI exerce une surveillance sur les États qui doivent lui fournir les informations nécessaires à cette surveillance »
Le successeur d’Ousmane Sonko de renseigner que les buts du FMI sont clairement indiqués à l’article premier de ses statuts : promouvoir la coopération monétaire internationale, faciliter l’accroissement du commerce international et ce faisant la croissance et l’emploi ; promouvoir la stabilité des changes en évitant les dépréciations concurrentielles, donner confiance aux États membres en mettant les ressources générales du Fonds à leur disposition moyennant des garanties adéquates pour corriger des déséquilibres de balance des paiements.
« Conformément à l’article IV de ses statuts, le FMI exerce une surveillance sur les États qui doivent lui fournir les informations nécessaires à cette surveillance. Voilà la réalité de cette Institution, loin des fantasmes ! Que vous ayez des problèmes de dettes ou non, que vous soyez un pays comme les USA, la Chine, la France, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, cette surveillance est obligatoire et obligée », a-t-il déclaré.
Selon lui, conclure un programme avec le FMI n’est pas une obligation, « mais les conséquences sont incommensurables de s’en passer lorsqu’on traverse des difficultés financières non structurelles sans solution endogène performante et rapide ! » « Le FMI est la seule institution habilitée à délivrer un avis sur la trajectoire macroéconomique d’un pays et la soutenabilité de la dette ! », dit-il.
« Le programme précédent du Sénégal avec le FMI a été interrompu par la découverte des données erronées transmises par le passé, un cas dont l’ampleur… »
Le Premier ministre de signaler que le programme précédent du Sénégal avec le FMI « a été interrompu par la découverte des données erronées transmises par le passé, un cas dont l’ampleur, aux dires même de l’institution, est sans précédent ». « Ce dossier a été traité comme il devait l’être : les chiffres ont été rétablis, les insuffisances à l’origine des écarts totalement ou en cours de correction », indique-t-il.
Par ailleurs, il dit que les discussions sur un nouveau programme, axé sur l’investissement et la transparence, ont abouti le 1er septembre 2026 à un accord technique avec les services du FMI
Que dit cet accord ? Al Aminou Lo rétorque : « Que des mesures rationnelles de gestion 'en bon père de famille' à prendre en entreprenant des réformes pour rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures et accroître les dépenses sociales soutenir une croissance durable tirée par le secteur privé."







