Ce 8 septembre 2026, lors des échanges faisant suite à la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo devant l’Assemblée nationale, le député Abdou Mbow a vivement critiqué l’action gouvernementale, ciblant tant la stratégie économique que la gestion sociale et les pratiques de gouvernance. « Où est votre vision ? », a-t-il interpellé le chef du gouvernement.
Selon l’élu de l'APR, « on ne dirige pas un pays à coups de slogans et de sorties médiatiques, mais avec une ligne directrice précise et une politique économique audacieuse ». Il a dénoncé « la déstructuration de l'économie », pointant du doigt la fermeture de PME, le désarroi de la jeunesse et la fuite des investisseurs face à l’instabilité. Enfin, le député a déploré une dégradation du climat social, affirmant : « Pendant que l'économie s'affaiblit, le tissu social se fragilise. La colère gronde, la méfiance se généralise et la division est devenue votre mode de gouvernance. »
Le plus grave, déplore le député, « Monsieur le Premier ministre, c'est que ce régime n'a pas de temps à accorder aux Sénégalais. Les uns sont occupés à vendre des cartes de membre, les autres à bâtir leur propre formation politique. Pour y parvenir, vous pratiquez une transhumance à ciel ouvert : vous recrutez, vous débauchez, vous consolidez votre appareil. Mais qui construit le Sénégal pendant ce temps ? ».
Le parlementaire Abdou Mbow, membre de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) a déclaré que le Sénégal ne devrait pas être un terrain d'expérimentation politique. « Le Sénégal, ce sont des mères de famille qui ne parviennent plus à nourrir leurs enfants. Ce sont des jeunes diplômés réduits à vendre des sachets d'eau dans les rues de Guédiawaye. Ce sont des chefs d'entreprise contraints de déposer le bilan », rappelle-t-il.
Il a appelé le Premier ministre à se consacrer à la gouvernance du pays, faute de quoi, il devrait, selon lui, céder la place à d'autres. « Gouvernez le Sénégal ou laissez la place à ceux qui ont le temps et la volonté de le faire », termine-t-il en soutenant que le Pastef et la coalition Kiiraay seront comptables de ce bilan.







