Le vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, proteste contre les coupes opérées dans plusieurs projets structurants de l’État. Dénonçant un budget qui s’apparente davantage à un programme d’ajustement structurel, il prévient que les députés ne comptent pas engager leur responsabilité dans le vote de mesures susceptibles de compromettre des investissements essentiels pour les populations.
« Quand nous avons reçu cette loi, nous nous sommes rendu compte que cela ressemblait davantage à un ajustement structurel. » C'est en ces termes qu'El Malick Ndiaye a exprimé ses réserves sur les arbitrages budgétaires du gouvernement, dans le cadre du projet de Loi de Finances rectificative (PLFR-2026)
Selon le vice-président de l'Assemblée nationale, les restrictions envisagées risquent de porter un sérieux coup aux investissements sociaux, notamment dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'accès à l'eau potable.
Pour lui, la rentabilité immédiate ne saurait constituer le seul critère d'appréciation d'un investissement public. « Construire une école ne génère pas de revenus sur-le-champ, mais cela sera bénéfique dans le futur. Les centres de santé ne donnent pas de bénéfices, mais permettent de soigner la population pour qu'elle soit active et capable de travailler », a-t-il expliqué.
Pour illustrer ses inquiétudes, El Malick Ndiaye cite notamment le projet d'adduction d'eau devant relier le lac de Guiers à Touba, puis Dakar, dont l'enveloppe aurait été amputée de 50 milliards de francs CFA.
Il évoque également des réductions budgétaires touchant le Projet de gestion intégrée des inondations, ainsi que des programmes consacrés à l'éducation et à l'avenir des jeunes. Des choix qu'il juge difficilement conciliables avec les engagements pris envers les populations.
Le parlementaire précise toutefois que les réserves exprimées ne relèvent nullement d'une volonté de blocage systématique : « Nous n'avons pas rejeté juste pour le plaisir de rejeter. Quand nous avons discuté avec le gouvernement, nous lui avons fait des propositions », a-t-il soutenu.
Selon lui, d'autres mécanismes de substitution ont été suggérés afin de permettre au gouvernement de procéder aux ajustements nécessaires sans compromettre l'exécution des projets prioritaires.
« Nous n'allons pas engager notre responsabilité »
Au-delà des coupes budgétaires, El Malick Ndiaye fait également état de nombreuses irrégularités relevées lors de l'examen du document.
« Il y a beaucoup d'irrégularités que nous n'aurions jamais découvertes si nous n'avions pas fouillé consciencieusement », a-t-il déclaré, estimant que les explications fournies par le gouvernement n'ont pas permis de lever toutes les préoccupations.
Face à cette situation, le vice-président de l'Assemblée nationale affiche une position ferme et met l'exécutif devant ses responsabilités.
« Nous n'allons pas engager notre responsabilité en votant ceci. Nous avons proposé d'autres mécanismes. Nous ne voterons pas des projets qui n'ont aucun intérêt pour la population. S'ils utilisent d'autres mécanismes, qu'ils en endossent eux-mêmes la responsabilité », a-t-il averti.








