Les regards sont actuellement braqués sur le processus de succession d’António Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU. Ce samedi, Macky Sall a jeté l’éponge en annonçant son retrait de la course. Son ancien ministre, Souleymane Jules Diop, a livré son analyse de la situation.
« Un scénario invraisemblable risque de se présenter à l’ONU : celui dans lequel tous les candidats présents seraient frappés d’au moins un veto des membres permanents et obligés de se retirer de la course à la succession de Guterres », estime Souleymane Jules Diop.
L’ancien secrétaire d'Etat s’interroge sur la manière dont l’instance dirigeante de l’organisation mondiale a pu se retrouver dans cette impasse. Il souligne qu’à la base, « il semblait acquis, selon le principe de la rotation, que le prochain secrétaire général de l’ONU viendrait d’Amérique latine ».
Mais, selon M. Diop, certains pays africains ont estimé, « primo, que ce principe de rotation n’a jamais été respecté ; secundo, que l’Afrique, arrivée à l’ONU après les indépendances, n’a eu qu’un seul SG, Boutros-Ghali étant considéré comme un candidat du Groupe arabe ». C’est ainsi qu’a été encouragée la candidature de Macky Sall, avec une promesse de soutien de la France, avance-t-il.
Ainsi, indique Souleymane Jules Diop, les chances du Sénégalais, quoique réelles, « étaient évidemment réduites face à de tels enjeux ». Macky Sall s’est finalement retiré de la course.
Ensuite, explique-t-il, « sont apparues les réticences des autres membres permanents du Conseil de sécurité face aux candidats latino-américains, qui arrivent en nombre, et de manière désordonnée : six au total, l’Équateur ayant même eu deux candidats, Yvonne Baki et Maria Espinosa ».
À cela s’ajoute une autre candidature venue d’Afrique. « Pour ne rien arranger, le Rwanda, furieux de voir la candidature de Macky Sall portée par le Burundi, a présenté un candidat de diversion, l’Ougandais Olara Otunnu », affirme-t-il.
Souleymane Jules Diop déclare que, malgré les reproches formulés contre Rafael Grossi et Rebeca Grynspan, « on semblait s’acheminer vers un consensus autour de la Costaricaine de 70 ans ».
Mais, selon l’ancien ministre, Donald Trump « ne veut ni des Noirs, ni des Latinos, ni des femmes à la tête de l’ONU ». D’où, poursuit-il, l’idée folle qui aurait germé dans la tête du président américain : imposer le tonitruant Gianni Infantino, en récompense d’un trophée sorti de nulle part qu’il a dédié au président des États-Unis : le prix FIFA pour la paix.








