Ousmane Sonko durcit le ton sur la question des fonds spéciaux. Le leader de Pastef affirme que les députés de son parti ne voteront ni le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 ni le projet de loi de finances initiale (LFI) 2027 sans des dispositions légales encadrant l’utilisation de ces crédits.
Lors d’un point de presse tenu, ce 19 octobre 2026, le président de l’Assemblée nationale a affirmé que les députés « ne voterons ni la loi de finances rectificative ni la loi de finances initiale sans qu’elles comportent des dispositions légales sur l’encadrement des fonds spéciaux ». Il estime que ces ressources ne peuvent plus être laissées à la discrétion des autorités sans mécanisme de contrôle.
Pour justifier cette position, il rappelle que l’encadrement des fonds spéciaux figurait déjà dans les engagements politiques de son camp. « C’est un engagement politique du président de la République depuis 2019 », a-t-il soutenu, avant de regretter que la question n’ait toujours pas trouvé de solution. « C’est déshonorant qu’on en soit là », a-t-il ajouté.
Ousmane Sonko annonce que son groupe parlementaire entend inscrire cette exigence dans les textes budgétaires par le biais d’amendements. Il considère que l’Assemblée nationale, en tant qu’institution chargée de voter la loi, doit pouvoir fixer les règles qui encadrent l’utilisation des fonds spéciaux. « Nous le mettrons en amendement. S’il vote bloqué, on rejette tout », a-t-il prévenu, faisant référence à la possibilité d’un vote global sur les textes budgétaires.
Le leader de Pastef affirme toutefois que son parti ne cherche pas à provoquer une crise institutionnelle. Il se dit disposé à discuter avec le gouvernement pour parvenir à un compromis, à condition que les règles d’encadrement soient intégrées aux textes soumis aux députés. « Nous ne sommes pas là pour bloquer », a-t-il précisé, imputant à l’exécutif la responsabilité d’un éventuel blocage si aucun accord n’est trouvé.
Pour rappel, la question des fonds spéciaux a déjà donné lieu à plusieurs initiatives parlementaires. Le 1er octobre 2026, l’Assemblée nationale avait adopté une proposition de loi organique visant à renforcer le contrôle parlementaire sur ces crédits. Le texte prévoyait notamment de les identifier explicitement dans les lois de finances et de renforcer le contrôle de leur utilisation.
Mais, le 15 octobre, le Conseil constitutionnel a déclaré cette loi contraire à la Constitution, en raison d’irrégularités dans la procédure d’adoption, notamment concernant le traitement des amendements du gouvernement.








