Après un mois de mobilisation marqué par un taux de suivi de 100 %, les travailleurs de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor, regroupés au sein de l’Intersyndicale, dénoncent l’absence d’avancées concrètes dans leurs négociations avec les autorités. Face à ce qu'ils qualifient de "promesses sans lendemain", ils annoncent un troisième plan d’actions pour le mois d’octobre et exigent des mesures urgentes pour sauver l’établissement.
« Le temps des promesses est révolu »
Réunis autour du Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), du Syndicat National des Travailleurs de la Santé (SYNTRAS) et du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS), les agents de l’Hôpital de la Paix ont procédé à l’évaluation de leur deuxième plan d’actions de grève, observé du 3 au 30 septembre 2026. Selon l’Intersyndicale, le mouvement a enregistré un « taux de suivi absolu de 100 % », témoignant d’une mobilisation qu’elle juge « massive, hautement disciplinée et historique ».
Dans une déclaration lue devant la presse par Dr Ousmane Diba, secrétaire général du SAMES et coordonnateur de l’Intersyndicale, les travailleurs ont salué l’unité et la solidarité des agents tout en regrettant l’absence de résultats tangibles à l’issue des différentes rencontres organisées avec la direction et les autorités sanitaires.
L’Intersyndicale affirme avoir participé de bonne foi aux discussions initiées sous l’égide de l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale. Cependant, elle estime que la direction de l’établissement s’est limitée à des engagements conditionnels sans déboucher sur la signature d’un protocole d’accord officiel.
Les syndicats dénoncent également la rencontre tenue le 10 septembre avec la Direction générale des établissements de santé (DGES), qu’ils considèrent comme une « parodie de dialogue », marquée selon eux par l’absence d’engagements fermes et vérifiables de la part de l’autorité de tutelle.
« Nous ne tolérerons plus que les discussions servent de stratégie de diversion », avertit l’Intersyndicale, qui résume sa position en une formule devenue le fil conducteur de sa déclaration : « Le temps des promesses est révolu ».
L’IRM de la Casamance au cœur des revendications
Parmi les vingt-deux points de sa plateforme revendicative, l’Intersyndicale place au premier rang des urgences la mise en service effective de l’unique appareil d’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) destiné à l’ensemble de la Casamance. Les syndicats exigent son démarrage dans les meilleurs délais afin d’améliorer l’offre diagnostique dans la région.
Pour les travailleurs, cette revendication symbolise les difficultés récurrentes auxquelles est confronté l’établissement et la nécessité de passer des annonces aux réalisations concrètes.
Quatre dossiers prioritaires pour sauver l’hôpital
Au-delà de l’IRM, l’Intersyndicale identifie quatre chantiers majeurs qu’elle juge impossibles à reporter davantage. Le premier concerne la gestion des déchets biomédicaux. Les syndicats réclament l’installation d’un incinérateur moderne afin de garantir un traitement sécurisé des déchets issus des soins.
La deuxième urgence porte sur la réhabilitation générale de l’hôpital. Toitures défectueuses, plafonds détériorés, voiries internes endommagées et réseaux de canalisation vieillissants illustrent, selon les travailleurs, l’état avancé de dégradation des infrastructures. Ils demandent ainsi au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique d’honorer ses engagements en matière de réhabilitation.
La troisième revendication concerne la situation financière de l’établissement. L’Intersyndicale sollicite une subvention spéciale pour permettre un apurement progressif de la dette, ainsi qu’une évaluation complète et transparente de celle-ci accompagnée d’un véritable plan de résorption.
Enfin, les travailleurs mettent en avant la question de la gouvernance. Ils réclament davantage de transparence dans la gestion des ressources humaines, financières et matérielles, l’organisation des élections des délégués du personnel, la fonctionnalité effective de la Commission technique d’établissement (CTE) ainsi que la mise en place d’un audit interne permanent.
« Nous voulons un hôpital qui fonctionne »
Les responsables syndicaux insistent sur le fait que leur combat ne vise pas à obtenir des privilèges, mais à garantir un fonctionnement normal de l’hôpital au bénéfice des populations.
« Nous voulons un hôpital fonctionnel, des équipements opérationnels, des infrastructures dignes, des travailleurs respectés et considérés, une gestion transparente et des soins de qualité pour les populations », souligne le Dr Diba dans sa déclaration.
Selon l’Intersyndicale, les vingt-deux revendications portent notamment sur les équipements médicaux, les examens biologiques, les droits financiers des travailleurs, les cotisations sociales, les effectifs, les infrastructures, la gouvernance et la modernisation de l’établissement.
Un troisième plan d’actions annoncé
Face à ce qu’elle considère comme une absence persistante de réponses satisfaisantes, l’Intersyndicale annonce la mise en œuvre d’un troisième plan d’actions durant le mois d’octobre 2026. Sans détailler son contenu dans le communiqué, elle prévient que sa détermination demeure intacte.
« Notre détermination n’est pas dirigée contre l’hôpital : elle est pour l’hôpital », affirme l’organisation syndicale, qui invite les autorités à engager sans délai des discussions sérieuses susceptibles de produire des décisions concrètes.
Pour Dr Ousmane Diba et ses camarades, l’enjeu dépasse désormais les revendications corporatistes. Il s’agit, disent-ils, d’assurer à l’Hôpital de la Paix les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission de service public et à l’amélioration de la prise en charge sanitaire des populations de Ziguinchor et de toute la Casamance.
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