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Naufrage du "Joola" : Recueillement et exigence de justice en prélude au 24e anniversaire


Rédigé le Vendredi 25 Septembre 2026 à 21:34 | Lu 54 fois | 0 commentaire(s)




Au musée mémorial du bateau "Le Joola" à Ziguinchor, imams, rescapés et familles endeuillées se sont retrouvés pour une journée de prières et de recueillement, en prélude au 24e anniversaire du naufrage. Entre spiritualité, mémoire collective et revendications sociales, les témoignages ont rappelé l’ampleur de la tragédie et exhorté l’État à assumer pleinement ses responsabilités envers les victimes et leurs proches.

La journée a été marquée par une forte intensité émotionnelle. Dès le matin, les imams de la région ont dirigé une lecture du Coran, suivie de marches symboliques et de prières collectives. L’imam Cheikh Alioune Ndao, imam de la grande mosquée de Boucotte et cadi de Ziguinchor, a rappelé que cette commémoration est avant tout un acte de foi et de mémoire. 

« Chaque année, nous faisons mémoire de nos disparus. Nous organisons des prières collectives pour eux. Que Dieu augmente sa miséricorde envers eux », a‑t‑il déclaré, avant d’appeler les autorités à ne pas oublier les familles, les veuves et les orphelins. Pour lui, cette tragédie doit rester une épreuve partagée par toute la Nation et un rappel à la solidarité.

Samba Goundiam de Ziguinchor et membre d’une famille de victimes, a insisté sur la nécessité de considérer le naufrage du "Joola" comme « la plus grande tragédie maritime au monde ». Il a rappelé que les familles attendent toujours des réponses sur la question des ossements et sur la reconnaissance d’un musée mémorial digne de ce nom. 

« Il faut que l’État pense à ça, c’est le combat des parents », a‑t‑il martelé, ajoutant que la mémoire des disparus ne peut être honorée sans une prise en charge sérieuse des revendications. Il a également souligné l’importance de mettre « les hommes qu’il faut à la place qu’il faut » pour gérer ce dossier sensible, afin que justice et dignité soient rendues aux victimes.

Keita Ousmane, l’un des 64 rescapés, a livré un témoignage bouleversant, empreint de culpabilité et de douleur. Il a évoqué les cauchemars persistants, les difficultés psychologiques et l’absence d’accompagnement socioprofessionnel. 

« Il y en a qui pour dormir doivent prendre un cachet. D’autres n’ont jamais trouvé de travail après leurs études. Nous aurions aimé que l’État ou les œuvres de bienfaisance nous viennent en secours », a‑t‑il confié. Pour lui, le renforcement des familles est plus urgent que le renflouement du bateau. 

Il a toutefois salué le peuple sénégalais qui, depuis le 27 septembre 2002, n’a cessé de soutenir les victimes et les rescapés, rappelant que cette solidarité populaire reste un pilier essentiel pour surmonter l’épreuve.

La journée s’est conclue par une veillée chrétienne, illustrant la dimension interreligieuse et communautaire de la commémoration. Musulmans et chrétiens, unis dans le recueillement, ont montré que la mémoire du "Joola" transcende les appartenances religieuses et demeure un symbole de fraternité nationale. 

Au musée mémorial, les prières et les témoignages ont réaffirmé que cette tragédie ne doit jamais être oubliée, mais servir de repère pour construire une société plus solidaire et plus juste.



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