Après des années de présence sur le continent africain, la France change de stratégie. Désormais, le pays hexagonal est ouvert aux aspirations souverainistes africaines et se dit prêt à s'adapter.
Dans ce même cadre, le président français, Emmanuel Macron, ouvre totalement la porte à un changement de monnaie en Afrique francophone. Lors d'un entretien avec Jeune Afrique, le dirigeant rappelle les débats en Afrique sur le Franc Cfa et donne la latitude aux instances africaines de changer ou de reformer leur monnaie.
"Il y avait auparavant une stratégie de pré carré, mais aussi un impensé et beaucoup de non-dits avec l’Afrique qui faisaient que l’on n’arrivait plus à avancer. Ma stratégie à moi a été de dire que l’on a une histoire commune, des destins liés, et que sur cette base-là il est possible de bâtir un partenariat nouveau et équilibré. Regardez ce que l’on a dit sur le franc CFA en 2019 : il faisait débat et cristallisait les critiques. Eh bien, réformons, abandonnons le franc CFA. Et il appartient désormais à la Cedeao et à l’UEMOA, qui ont tous les outils pour le faire, de construire une intégration monétaire. Je leur souhaite de réussir", a déclaré Emmanuel Macron.
Dans le même sillage, le président français dit avoir fait des efforts conséquents sur la restitutions de biens aux Africains. "Regardez aussi ce qui a été fait en matière de restitution des biens pillés pendant la colonisation. Quand j’ai commencé à en parler, très peu y étaient favorables – en France en tout cas : le 7 mai, la loi a été définitivement adoptée par le Parlement, à l’unanimité. On a commencé par le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, et l’on va continuer. C’est une vraie révolution", ajoute Macron.
Pour le Franc Cfa, plusieurs pays ont exprimé leur volonté de réformer la monnaie coloniale. La monnaie Eco avait été choisie par la Cedeao en substitution du Franc Cfa, mais sa mise en œuvre prend encore du retard, après plusieurs reports.







