Selon une note confidentielle de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité Organisée (OCLCO) datée du 4 mai 2026, le Sénégal figure dans le « Top 10 » mondial des pays où se cachent les individus sous le coup d'une notice rouge d'Interpol émise par la justice française.
Si le Maghreb et les Émirats Arabes Unis occupent les premières places du classement, le Sénégal s'installe durablement comme une zone de repli stratégique en Afrique de l'Ouest. Avec 21 fugitifs faisant l'objet d'une notice rouge, le pays de la Teranga occupe la 9ème place de ce classement exclusif établi par la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF).
La présence de ces fugitifs au Sénégal s'explique par plusieurs facteurs structurels. Contrairement à Dubaï ou Israël, spécialisés dans la délinquance financière, le profil des individus recherchés au Sénégal est plus diversifié. On y retrouve une part importante de délinquants liés à la criminalité organisée et au trafic de stupéfiants, profitant de la position géographique du pays comme hub logistique vers l'Europe, mais aussi des individus recherchés pour des faits de droit commun (vols aggravés, violences, escroqueries).
La note de l'OCLCO rappelle que « les récentes évolutions de la criminalité organisée permettent à des malfaiteurs d’envergure de piloter parfois sereinement leurs activités illégales hors de France ». Pour les autorités françaises, l'identification de ces cibles au Sénégal est un enjeu de sécurité nationale pour briser les réseaux de narcotrafic.
Le maintien de ces 21 individus sur le sol sénégalais met en lumière les difficultés de la coopération judiciaire internationale. Les enquêteurs de la BNRF soulignent un principe juridique majeur : « rares sont les États à procéder à l’extradition de leurs ressortissants nationaux, au premier rang desquels la France ».
Dans de nombreux cas, ces fugitifs possèdent la double nationalité franco-sénégalaise. Une fois sur le sol sénégalais, ils bénéficient de la protection de leur État d'origine, le Sénégal n'extradant traditionnellement pas ses propres citoyens. Cette situation crée, selon la Direction Nationale de la Police Judiciaire (DNPJ), un « sentiment d'impunité » que les autorités tentent désormais de combattre en ciblant des « cibles d'intérêt prioritaire ».
Pour rappel, le Sénégal est devancé dans ce classement par le Maroc (218 fugitifs), l'Algérie (124), Israël (87), la Tunisie (59) et les Émirats Arabes Unis (48). Suivent ensuite la Turquie (41), le Royaume-Uni (34) et les États-Unis (20).
Face à cette dispersion géographique, la police française a décidé de concentrer ses efforts techniques et diplomatiques sur une liste restreinte de malfaiteurs de haut vol afin d'identifier de nouveaux leviers d'action et de sortir la France du « piège du narcotrafic ».








