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Durcissement des peines pour les « actes contre nature » : le Sénégal face à une réforme sensible


Rédigé le Vendredi 20 Février 2026 à 13:55 | Lu 58 fois | 0 commentaire(s)




Le gouvernement du Sénégal a annoncé, lors du Conseil des ministres du 18 février 2026, son intention de renforcer l’arsenal pénal contre les « actes contre nature ». Cette réforme prévoit une modification de l’article 319 du Code pénal afin de préciser les définitions, durcir les sanctions, et réprimer l’apologie ainsi que le financement de ces pratiques.

Pour Babacar Ba, président du Forum du Justiciable, cette initiative répond à une « demande sociale ancienne », exprimée depuis plus d’une décennie. Bien que le projet actuel se concentre sur le durcissement des peines, M. Ba estime que « la finalité devrait être la criminalisation » pour garantir un effet dissuasif majeur. De son côté, Babacar Sylla, coordonnateur du collectif And Sam Jikko yi, insiste sur la nécessité de clarifier l’expression « actes contre nature », qu’il juge imprécise, tout en rappelant que son collectif a déjà proposé un texte visant également la transidentité et la bisexualité.

Souveraineté nationale contre engagements internationaux

Les défenseurs de la réforme invoquent la souveraineté populaire pour justifier ce tournant législatif. Babacar Ba martèle que « le peuple est souverain » et que la loi doit traduire les attentes de la majorité. Cependant, cette position place le Sénégal dans une zone de turbulences diplomatiques. Le pays est signataire de textes majeurs, comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui consacrent les principes de non-discrimination et de protection de la dignité humaine.

Face aux critiques potentielles des instances internationales, Babacar Ba plaide pour une « contextualisation du droit », arguant que les normes mondiales doivent s'adapter aux réalités culturelles nationales. Babacar Sylla, quant à lui, estime que chaque nation doit rester libre de définir son cadre légal sans subir de pression extérieure, tout en admettant que la loi aura surtout une portée « normative et dissuasive », sans pour autant faire disparaître totalement le phénomène.

Le cadre légal actuel

Pour rappel, l'article 319 dispose actuellement, en son alinéa 3, que quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe est puni « d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs ». Si l'acte implique un mineur, « le maximum de la peine sera toujours prononcé ».

Cette volonté de réforme intervient dans un climat de tension, marqué par l'arrestation récente de plus de 30 personnes pour des faits similaires.



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