Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a été extrait de sa cellule pour être auditionné par la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale, chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire introduite par le ministre de la Justice, Yassine Fall. Selon L’Observateur, le responsable de l’Alliance pour la République (Apr) « s’est bien défendu devant les onze députés de la Commission ».
À sa demande, il a assisté physiquement à la séance. Vêtu d’un boubou traditionnel blanc et escorté par trois agents de sécurité, il est arrivé avant le début des travaux prévus à 10 heures.
Interrogé par le rapporteur Youngar Dione sur la découverte de téléphones portables dans sa cellule, le parlementaire a soutenu que la responsabilité incombait à l’administration pénitentiaire. Il a fait valoir que la loi sanctionne celui qui introduit l’objet prohibé et non le détenu qui le reçoit. « J’étais à l’intérieur de ma cellule, pas dehors », a-t-il martelé, selon le quotidien du Groupe futurs médias.
Concernant le contenu des appareils, il a affirmé être resté dix jours sans y avoir accès, niant toute implication dans les images ou données incriminées.
À ses côtés, son avocate et collègue députée, Me Aïssata Tall Sall, a dénoncé une procédure « illégale et infondée ». La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu estime que la démarche visant un député déjà sous mandat de dépôt depuis le 27 février pour des faits présumés de blanchiment et d’escroquerie serait entachée d’irrégularités.
Un vote marqué par une dissidence au sein de la majorité
Après plusieurs heures de débats nourris, marqués par une suspension de séance de cinq minutes demandée par le président du groupe de la majorité parlementaire, Ayib Daffé, pour concertation, la Commission a tranché. Le résultat du vote confirme la tendance, mais révèle une surprise de taille : sur les 11 membres de la Commission, 8 ont voté pour la levée de l'immunité, 2 ont voté contre. Un député « éminent » du groupe Pastef s'est abstenu. Selon L'Observateur, citant des sources dignes de foi, il aurait lui-même émis des réserves durant les débats, estimant que les vices de procédure invoqués par la défense étaient fondés.








