Alors que les débats autour de l’affaire Sweet Beauté continuent d’alimenter l’espace public sénégalais, l’ancien ministre Babacar Gaye appelle à dépasser les règlements de comptes pour se concentrer sur les enjeux liés à la refondation politique du pays.
​Dans une tribune intitulée « Adji-Sonko : Sweet et fin », Babacar Gaye estime que le Sénégal ne peut rester éternellement prisonnier des « contradictions, révélations et règlements de comptes » entre les différents protagonistes de cette affaire.
​Pour l’ancien ministre, la gravité des événements ayant entouré le dossier impose que toute la lumière soit faite. Il considère que les protagonistes doivent rendre compte, non pas pour alimenter le voyeurisme, mais parce que cette affaire a eu de lourdes conséquences sur la société sénégalaise.
​« Des vies ont été perdues, des biens détruits, les institutions mises à l’épreuve et le pays profondément divisé », souligne-t-il.
​Babacar Gaye appelle toutefois à ne pas laisser l’affaire Sweet Beauté occulter les questions de fond auxquelles le Sénégal doit désormais faire face. Selon lui, la recherche de la vérité dans ce dossier doit se poursuivre parallèlement à une réflexion sur la refondation du système politique.
​L’ancien ministre plaide ainsi pour une approche à deux niveaux : permettre à la justice de vider les contentieux liés à cette affaire et, dans le même temps, ouvrir un débat national sur l’avenir du pays.
​« Un pays sérieux doit être capable de répondre simultanément à deux exigences : vider lucidement ses contentieux devant les juges et penser courageusement son avenir à partir de son passé », écrit-il.
​À travers cette prise de position, Babacar Gaye invite donc les acteurs politiques et l’opinion à sortir de la logique des affrontements autour du dossier Adji Sarr-Ousmane Sonko pour engager, selon lui, une réflexion plus large sur l’avenir démocratique et politique du Sénégal.







