Après son adoption à l’unanimité en commission, le projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique est en cours d’examen ce jeudi 20 août devant l’Assemblée nationale. Derrière ce texte se joue un enjeu stratégique : protéger les installations dont une attaque pourrait perturber gravement le fonctionnement de l’État et la continuité des services essentiels.
​Le Sénégal entend ainsi renforcer son bouclier numérique en instaurant un cadre juridique global propre à sécuriser les réseaux et les systèmes d’information. Cette initiative répond à la multiplication des menaces dans le cyberespace, notamment le terrorisme, l’espionnage, le piratage informatique et les risques liés aux erreurs humaines.
​Avant d’assurer la protection d'une infrastructure, il convient d'en définir le caractère « critique ». Il s'agit d'ailleurs de l’une des questions soulevées par les parlementaires lors des travaux en commission. Les députés ont exigé des précisions quant aux critères de classification, à l’autorité responsable de cette identification et aux mécanismes prévus pour la réévaluation périodique des risques.
​Le gouvernement prévoit une procédure spécifique de classification. Pour les institutions de la République, cette démarche reposera sur des critères prédéfinis. Toutefois, la liste des infrastructures concernées ne sera pas rendue publique, celle-ci devant être tenue secrète et protégée au titre du secret de la défense nationale.
​Le texte vise également à responsabiliser les gestionnaires de ces équipements. L’objectif consiste à accroître leur capacité de prévention, de détection et de réaction rapide en cas d’incident ou de compromission. L’enjeu demeure considérable : une cyberattaque visant une infrastructure stratégique dépasse le cadre de la simple panne informatique, pouvant paralyser des services publics, fragiliser l’économie ou déstabiliser le fonctionnement des institutions.
​Le débat en séance plénière survient à un moment décisif. Après l'étape des commissions, les députés doivent désormais se prononcer sur les garanties apportées par ce nouveau dispositif. Le véritable défi résidera cependant dans l’application concrète du texte, car la protection efficace des secteurs vitaux du Sénégal exigera, outre une législation solide, des compétences humaines, des équipements adaptés et des ressources financières à la hauteur des enjeux.







