Les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) sont entrées dans une phase importante. Une mission de l’institution financière séjourne actuellement à Dakar pour poursuivre les échanges avec les autorités sénégalaises en vue de la mise en place d’un programme appuyé par le FMI.
Sur sa page consacrée au Sénégal, l’institution de Bretton Woods a retracé le processus de ces discussions et apporté des éclairages sur plusieurs points clés.
Les discussions après le "scandale"
C’est lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, en octobre 2025, que les discussions sur un nouveau programme ont débuté entre les deux parties. Il était alors question de parvenir à une vision commune des perspectives macroéconomiques, des besoins de financement, des politiques et réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de prêt du Fonds.
« L’objectif global est d’aider le Sénégal à préserver la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, et à favoriser une croissance durable et inclusive », explique le FMI sur sa page consacrée au Sénégal.
La résilience de l'économie
Les services du FMI estiment que l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, malgré une conjoncture mondiale difficile. Une résilience surtout rendue possible par la forte croissance du secteur des hydrocarbures.
De plus, « les soldes extérieurs et budgétaires se sont améliorés, grâce aux exportations de pétrole et aux efforts déployés par les autorités pour maîtriser les dépenses ».
Le poids des subventions
Toutefois, le Fonds signale que « les sources de vulnérabilité liées aux finances publiques et à la dette restent importantes ». Il souligne également que « des risques importants pèsent sur les perspectives à court terme ».
Les tensions sur les finances publiques pourraient notamment être accentuées par la hausse des cours mondiaux du pétrole, « en raison notamment du coût des subventions généralisées à l’énergie », indique le FMI.
Risques et vulnérabilités
D’autres sources de vulnérabilité subsistent également. Elles sont liées au niveau de la dette, aux incertitudes mondiales et au resserrement des conditions financières qui, selon le FMI, pourraient compliquer l’accès au financement.
Mais depuis 2025, le Sénégal a-t-il fait des progrès dans la résolution du problème de la dette cachée ? Le FMI indique que ses discussions avec les autorités sénégalaises « ont porté principalement sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée ».
La possible dérogation
Il a notamment été question d’audits, destinés à déterminer l’encours de la dette publique, et de réformes « convenues d’un commun accord », visant à renforcer la gestion de la dette et à prévenir toute nouvelle communication d’« informations erronées » à l’avenir.
Les services du FMI disent suivre de près la mise en œuvre des mesures convenues afin de préserver la crédibilité du pays, de réduire les facteurs de vulnérabilité et de renforcer la gestion des finances publiques.
« Une fois que les autorités auront remédié aux causes profondes de la dette cachée et auront conçu des mesures de lutte contre les déséquilibres macroéconomiques sous-jacents dans le cadre d’un nouveau programme appuyé par le FMI, le Conseil d’administration du FMI se prononcera sur l’octroi d’une dérogation afin d’éviter un remboursement anticipé des financements du FMI », assure l’institution financière.
Les réformes exigées
Aujourd’hui, quelles mesures correctives et quelles garanties concrètes le FMI exige-t-il pour s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise plus ? L’institution de Bretton Woods explique, en tout cas, que les autorités sénégalaises mettent actuellement en œuvre des réformes essentielles.
Celles-ci visent à renforcer la surveillance et la transparence budgétaires, notamment en centralisant la gestion de la dette, en améliorant la qualité des données relatives à celle-ci, en procédant à des audits des arriérés de paiement et en renforçant les contrôles budgétaires.
Le FMI précise que ces réformes seront mises en œuvre en plusieurs étapes. Il assure, cependant, qu’il continuera à suivre leur exécution, notamment dans le cadre des discussions relatives à un nouveau programme appuyé par l’institution.
Restructuration imposée ?
Les deux autres points qui reviennent dans l’actualité sont surtout liés à la viabilité de la dette et à son éventuelle restructuration. Le FMI recommande-t-il au Sénégal de restructurer sa dette ? L’institution de Bretton Woods a apporté des précisions.
« Les services du FMI et les autorités ont examiné différentes options qui permettraient de renforcer la viabilité des finances publiques et de la dette. L’action du FMI porte principalement sur l’évaluation de la viabilité de la dette, des perspectives macroéconomiques, ainsi que des politiques et réformes appropriées. Toute décision relative à une stratégie en matière de dette, quelle qu’elle soit, demeure de la responsabilité des autorités sénégalaises », indique le fonds.
Conditions d’un financement
Le FMI renseigne que, dans le contexte actuel, ses services et ceux de la Banque mondiale coopèrent étroitement avec les autorités sénégalaises afin de mettre à jour l’analyse de la viabilité de la dette, de manière à tenir compte des données sur la dette et des perspectives macroéconomiques les plus récentes.
« Comme pour tous les pays membres du FMI, tout financement accordé par l’institution doit s’appuyer sur des perspectives soutenables en matière d’endettement et être soutenu par des politiques qui placent les finances publiques sur une trajectoire crédible et durable », prévient le FMI.








