Le Sénégal a bouclé deux importantes opérations sur le marché des titres publics de l’UEMOA au cours des deux premières semaines de ce mois.
Vendredi, les autorités sénégalaises recherchaient 70 milliards de FCFA. Les investisseurs leur ont proposé 110 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 157,2%, témoignant d’une demande largement supérieure au montant mis en adjudication.
Mais l’État n’a pas accepté l’ensemble des propositions. Les autorités sénégalaises n’ont finalement retenu que 77 milliards de FCFA, rejetant ainsi près de 33 milliards de FCFA de soumissions.
Des taux dépassant de plus en plus les 8%
Sur les Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours, les soumissions ont atteint 56,476 milliards de FCFA. L’État en a retenu 54,4 milliards, à un rendement moyen pondéré fort de 8,04 %.
Pour les Obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans, les investisseurs ont proposé 31,9 milliards de FCFA. Mais, cette fois, l’État du Sénégal n’a retenu que 920 millions de FCFA, écartant ainsi l’essentiel des offres reçues.
Quant aux OAT à 5 ans, les autorités ont retenu la quasi-totalité des 21,6 milliards de FCFA proposés, à un rendement moyen pondéré de 8,2 %. Un niveau qui confirme le coût élevé auquel le Sénégal continue de se financer sur le marché régional.
Une levée à 60.5 milliards le 6 août
Le 6 août dernier, le Sénégal avait déjà bouclé une autre opération au cours de laquelle il recherchait 55 milliards de FCFA. Il avait finalement retenu 60,5 milliards de FCFA.
Là encore, les ressources ont été mobilisées à un coût élevé. Sur les BAT à 364 jours, par exemple, 43,45 milliards de FCFA avaient été levés à un rendement moyen pondéré de 8,20 %.
Au total, en l’espace de deux semaines, l’État du Sénégal a ainsi mobilisé environ 137,5 milliards de FCFA à travers ces deux opérations sur le marché des titres publics de l’UEMOA.
Sursouscriptions, mais taux élevés
Ces dernières levées montrent que l’État du Sénégal ne semble pas éprouver de difficultés majeures à attirer les capitaux. Le véritable casse-tête réside plutôt dans le prix auquel ces ressources lui sont proposées.
Les rendements exigés par les investisseurs demeurent élevés, notamment sur les maturités d’un an et plus. La mauvaise nouvelle, c’est que les taux auxquels l’État emprunte aujourd’hui risquent d’alourdir davantage, à terme, la charge des intérêts de la dette publique.







