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Budget 2027 sous "dégraissage" : les orientations phares de l’État pour raboter les dépenses et trouver plus de recettes


Rédigé le Jeudi 27 Août 2026 à 22:01 | Lu 59 fois | 0 commentaire(s)




L’année budgétaire 2026 entre progressivement dans sa dernière ligne droite. Les autorités gouvernementales préparent déjà la prochaine loi de finances. Pour 2027, l’État veut dépenser moins et mieux, mobiliser davantage de recettes, contenir la masse salariale, revoir certaines subventions et terminer les projets déjà lancés avant d’en financer de nouveaux.

Dans une lettre circulaire datée du 30 juillet, le ministre des Finances a dévoilé les principales orientations budgétaires retenues pour l’élaboration du prochain budget du Sénégal.

Les autorités indiquent d’emblée, dans ce document, que l’année 2027 s’inscrira dans la continuité de la dynamique de restauration des équilibres macroéconomiques et budgétaires. 

Mobilisation, rationalisation et efficacité

Les orientations budgétaires visent notamment à « assurer la soutenabilité des finances publiques, à contenir l’endettement sur une trajectoire soutenable (...) [et] à garantir la mise en œuvre efficace des priorités définies par la Stratégie nationale de développement (SND) et des mesures du Plan de redressement économique et social ».

Pour atteindre ces objectifs, la politique budgétaire reposera principalement sur trois leviers : le renforcement de la mobilisation des ressources, la rationalisation des dépenses de fonctionnement et l’amélioration de l’efficacité de l’investissement public.

Surveillance particulière de la masse salariale

Pour ce qui est des dépenses, l’État entend poursuivre sa politique de rationalisation et d’efficience afin de dégager des économies budgétaires susceptibles de financer les priorités nationales. Une vigilance particulière sera accordée aux dépenses de personnel.

« La maîtrise de la masse salariale demeure un impératif de soutenabilité budgétaire. À cet effet, les plafonds d’emplois rémunérés continueront d’être déterminés sur la base des effectifs réels et des prévisions de recrutements autorisées par le Gouvernement », précise la lettre circulaire.

La volonté des autorités est également de soumettre tout nouvel engagement susceptible d’avoir un impact sur la masse salariale à une évaluation préalable de la soutenabilité budgétaire. La validation des autorités compétentes sera requise avant toute formalisation.

Vers la suppression de certaines lignes de dépenses

L’État veut également rationaliser les acquisitions de biens et services à travers une programmation rigoureuse, qui ne prendra en compte que les besoins jugés incompressibles.

Dans ce cadre, les institutions constitutionnelles et les ministères sont invités à limiter leurs propositions budgétaires « aux dépenses strictement nécessaires au fonctionnement normal de leurs services ».

Les autorités envisagent par ailleurs une réduction significative, voire la suppression, de certaines lignes de dépenses systématiquement reconduites d’une année à l’autre sans justification suffisante. Sont notamment visées, les dépenses liées à l’acquisition de mobilier, de fournitures de bureau et de matériels informatiques.

Rationalisation des subventions, l’électricité visée

La lettre circulaire prévoit également une rationalisation des transferts courants et des transferts en capital, en particulier des subventions accordées à certains secteurs.

Pour y parvenir, les autorités envisagent « un meilleur ciblage des bénéficiaires » ainsi que la mise en œuvre de réformes structurelles dans le secteur de l’énergie, qui absorbe la part la plus importante des transferts publics.

Instructions pour les factures d’eau et d’électricité

Dans le même temps, le gouvernement entend consolider les transferts sociaux, notamment les filets de protection destinés aux couches vulnérables, à travers l’élargissement du Registre national unique (RNU).

Concernant les dépenses d’eau et d’électricité, l’autorité rappelle aux organes exécutifs et délibérants des établissements publics qu’ils doivent « veiller systématiquement à la couverture annuelle des dépenses permanentes d’eau et d’électricité et au paiement des factures y relatives dans les délais ».

Priorité à l’achèvement des projets en cours

En matière d’investissement, les projets inscrits au budget 2027 devront être alignés sur les priorités de l’Agenda national de transformation et orientés prioritairement vers les opérations présentant un impact économique et social significatif.

Mais, compte tenu des contraintes budgétaires, les autorités ont tranché : « la priorité sera accordée à l’achèvement des projets en cours avant le financement de nouveaux projets ».

Comment l’État compte accroître ses ressources

Pour ce qui est du renforcement de la mobilisation des recettes, le gouvernement entend s’appuyer sur la réforme du Code général des impôts et du Code des douanes, la digitalisation des procédures, ainsi que sur le renforcement de la taxation des transactions numériques, des jeux de hasard, de l’alcool et du tabac, entre autres. L’État compte également tirer davantage de ressources des secteurs minier et pétrolier.

À partir de 2027, les autorités prévoient aussi de renforcer la Stratégie de recettes à moyen terme (SRMT), en privilégiant l’élargissement de l’assiette fiscale plutôt que le relèvement des taux d’imposition. L’objectif affiché est d’accroître la pression fiscale de 1,5 à 2 points de PIB à l’horizon 2030.

Cohérence budgétaire et poursuite des objectifs

Ces orientations devront ainsi guider l’ensemble des institutions constitutionnelles et des ministères dans la préparation de leurs propositions budgétaires. L’objectif final est de garantir la cohérence du projet de loi de finances initiale pour 2027 avec les priorités et les objectifs poursuivis par le gouvernement.



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