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Restitution de restes de résistants sénégalais en France : Guy Marius Sagna interpelle le gouvernement et exige des comptes


Rédigé le Dimanche 11 Octobre 2026 à 21:10 | Lu 67 fois | 0 commentaire(s)




Dans une déclaration rendue publique après réception d'une réponse ministérielle, le député Guy Marius Sagna dénonce le manque d'initiative de l'État sénégalais concernant le rapatriement des restes de résistants conservés en France. Le parlementaire réclame des actes concrets et annonce son intention de proposer une mission d'information à l'Assemblée nationale.

Saisi d'une question écrite sur le sort des dépouilles et restes mortels de résistants sénégalais conservés dans les institutions françaises, le gouvernement a admis n'avoir formulé « aucune demande officielle de restitution ». Pour justifier cette position, l'exécutif met en avant l'absence de requêtes émanant des descendants ainsi que l'absence de recommandations de la part des chercheurs.

Une explication vivement contestée par le député Guy Marius Sagna. « Mais depuis quand l'État doit-il attendre que les familles ou les chercheurs prennent l'initiative pour rechercher les restes de nos morts ? », s'interroge l'élu. 

Il rappelle à ce titre que le Sénégal dispose d'outils institutionnels et diplomatiques adéquats, notamment la Direction du patrimoine culturel (DPC) et des institutions scientifiques. Guy Marius Sagna demande ainsi à l'État de clarifier son action. « Quelles recherches ont été commandées ? Quelles instructions ont été données ? Quels résultats ont été obtenus ? »

Au moins 106 restes humains identifiés en France

Pour étayer son propos, le député met en lumière des faits précis documentés dans les archives et la presse. En 1891, le commandant Émile Roux a offert six crânes au musée Broca à Paris, dont ceux de « cinq hommes exécutés à Bakel le 25 janvier 1891 ». Si le nom du donateur figure dans les registres, les six victimes ne sont pas nommées et leur localisation actuelle reste à établir. De plus, le 8 octobre 2026, toujours selon le parlementaire, le journal Le Monde rapportait qu'un décompte provisoire du Muséum national d'histoire naturelle dénombrait « au moins 106 restes humains d'origine sénégalaise ».

Par ailleurs, l'élu souligne que le cadre juridique français permet, depuis décembre 2023, aux États d'engager des démarches de restitution à des fins funéraires, rappelant que « Madagascar a obtenu celle de trois crânes en août 2025. La procédure existe et elle a déjà été appliquée ». Selon lui, l'existence et l'application effective de cette procédure rendent l'inactivité des autorités sénégalaises d'autant plus injustifiable, tout comme le silence entourant les travaux de la commission spéciale installée au Sénégal en 2021 pour travailler sur la restitution des collections.

Face à ce constat, Guy Marius Sagna formule trois demandes précises à l'endroit du gouvernement. Il exige d'abord la communication du bilan des travaux de la DPC, des services compétents et des conclusions de la commission de 2021. Il demande ensuite l'engagement de vérifications officielles auprès des institutions françaises pour localiser et identifier les restes concernés. Enfin, il réclame la désignation des responsables de ces démarches et la présentation d'un calendrier pour les premières demandes de restitution.

Afin de contrôler l'action de l'exécutif, le député annonce qu'il va proposer à l'Assemblée nationale la mise en place d'une mission d'information parlementaire destinée à examiner les dossiers, contrôler les démarches entreprises et en suivre les résultats.

Des morts à honorer, pas des « biens culturels »

Enfin, Guy Marius Sagna recadre le débat sur le plan éthique. Refusant la qualification de « patrimoine national » évoquée par le gouvernement pour désigner ces dépouilles, il martèle : « Nos morts ne sont pas des biens culturels à transférer d'une collection française vers une collection sénégalaise. Leur restitution doit permettre une sépulture digne et les honneurs qui leur sont dus, dans le respect des familles et des communautés concernées. »

Face aux assurances du gouvernement affirmant qu'aucun effort ne sera ménagé, le parlementaire conclut par trois interrogations directes

« Quels efforts ont déjà été faits ? Qui en est responsable ? Et à quelle date les premières démarches seront-elles engagées ? »



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