L’accès des journalistes à certains établissements hôteliers de la Petite-Côte devient de plus en plus problématique. Dans plusieurs résidences accueillant des séminaires et autres rencontres professionnelles, les journalistes sont désormais confrontés à des conditions d’accès qui suscitent l’agacement des organisateurs.
Aux hôtels Riu Baobab de Pointe-Sarène et Decameron Baobab de Somone, les organisateurs doivent notamment s’acquitter d’un « Day pass » pour chaque journaliste appelé à couvrir un événement. Le tarif s’élève à 35 000 francs CFA au Riu Baobab et à 25 000 francs CFA au Decameron Baobab.
À cette contrainte financière s’ajoutent d'importantes difficultés d’accès. Pour certains journalistes, rejoindre simplement la salle où se tient un séminaire relève d’un véritable parcours du combattant, entre contrôles répétitifs et procédures interminables à l’entrée.
Une situation qui ne manque pas de faire réagir les organisateurs d’événements. Certains affirment avoir découvert ces exigences au moment même de l’arrivée des reporters, déplorant de ne pas avoir été informés au préalable de l’obligation de payer un « Day pass ». Face à ces désagréments, plusieurs structures ayant vécu cette mésaventure assurent qu’elles envisagent désormais de ne plus organiser de séminaires dans ces établissements.
À l'hôtel Riu, les journalistes dénoncent des conditions d’accès jugées humiliantes
Au-delà du « Day pass » exigé, c’est surtout le traitement réservé aux professionnels des médias à l’entrée qui suscite l’indignation.
À l’hôtel Riu Baobab, les journalistes venus couvrir un séminaire sont systématiquement retenus au portail central avant d'être autorisés à pénétrer dans l’établissement. Le vigile exige qu’ils appellent directement la personne qui les a conviés, alors même que l’hôtel accueille un événement professionnel dont la présence de la presse est, en principe, connue de la direction. Même après confirmation téléphonique, les reporters sont parfois maintenus à l’entrée de longs moments, poussant leur patience à bout.
Le dispositif de surveillance ne s’arrête pas là : un vigile est spécialement détaché pour suivre à la trace les mouvements des journalistes à l’intérieur de l’établissement.
Un épisode récent illustre le malaise général. Au moment de quitter les lieux, le vigile chargé de les surveiller a appelé le gardien préposé à la porte pour lui signaler leur départ. À l’autre bout du fil, ce dernier aurait répondu : « Je les ai en repérage. » Une expression qui a profondément choqué les journalistes concernés, estimant avoir été traités comme des suspects alors qu’ils ne faisaient que couvrir un événement professionnel.
Si la question de la sécurité est légitime dans un établissement hôtelier — particulièrement s'il a pu faire face à des incidents par le passé —, les professionnels des médias rappellent que ces impératifs ne sauraient justifier un flicage de la presse. Si les hôtels sont dans leur droit d'assurer la protection de leurs clients, ces mesures doivent s’appliquer sans entraver le travail des reporters ni porter atteinte à leur dignité.







