Le scénario retenu pour cette ultime phase de préparation est une prise d’otage dans un hôtel de la place. Face à cette situation fictive, les différents maillons du dispositif doivent réagir, transmettre l’information, coordonner les interventions et engager les unités appropriées. L’objectif est de vérifier, en conditions proches du réel, la capacité des forces à agir ensemble face à une menace.
Pour le ministre de l’Intérieur, cet exercice intervient après plusieurs étapes de préparation. « Les jeux olympiques de la jeunesse qui s’ouvrent dans trois semaines exactement à Dakar. C’est le Sénégal qui va accueillir, comme le dit la formule, et c’est l’Afrique qui va célébrer. Donc aujourd’hui, on était dans le cadre d’un exercice grandeur nature pour tester notre capacité de réponse à la menace, aux différentes menaces qui peuvent impacter négativement de pareilles organisations ici ou partout ailleurs dans le monde. Le Sénégal ne peut pas faire exception et donc nous nous sommes préparés en conséquence », a déclaré Mouhamadou Makhtar Cissé.
Le dispositif ne repose pas uniquement sur les opérations conduites ce mercredi. Le ministre rappelle que la préparation a commencé bien avant cette phase de certification. Le président de la République avait pris, en 2025, un décret portant mise en place du Conseil national de sécurité pour les JOJ, placé sous la coordination du ministre de l’Intérieur. Cette structure avait pour rôle notamment de coordonner les différentes forces engagées dans la sécurisation de l’événement. Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, l’exercice du jour permet ainsi de vérifier le résultat d’un travail de planification mené depuis plusieurs mois. « Et à ce titre que je suis présent ici pour travailler à la coordination de toutes les forces et mes premiers mots naturellement, après vous avoir remercié pour votre présence, c’est pour remercier l’ensemble des forces qui ont été engagées dans l’exercice de ce matin. Les forces de la police, de la gendarmerie, mais également de l’armée, de terre comme de l’armée de l’air, parce que vous les avez vus opérer toutes ensemble. Et donc c’est la preuve que la sécurité, c’est une affaire de toutes les forces », a-t-il expliqué.
Le ministre de l’Intérieur insiste ainsi sur la complémentarité entre les unités. Il refuse de réduire le dispositif à une simple addition de moyens : « Comme le disait tout à l’heure le colonel Diack, que je félicite lui et le commissaire Tendeng qui nous ont tenu le briefing au niveau du chapiteau, ce n’est pas une addition de forces, mais c’est une intégration intelligente avec une stratégie bien élaborée. Et à la base de cela, il y a un travail de planification qui a été mené de main de maître qui a permis d’aboutir à ce dernier exercice qui est l’exercice de certification ».
Avant cette ultime étape, les forces avaient déjà été confrontées à plusieurs scénarios. Des exercices sur table ont d’abord permis de tester les procédures et les mécanismes de décision. Des exercices spécifiques ont ensuite été conduits au niveau des différentes forces, avant une phase d’intégration réunissant l’ensemble des acteurs. L’exercice de ce mercredi devait donc permettre de vérifier la cohérence de cette préparation dans une situation opérationnelle. Du centre de coordination des opérations aux unités déployées sur les différents sites, la chaîne de commandement a été engagée. Les lieux de compétition, d’hébergement et de transport font partie des espaces identifiés dans le dispositif général de sécurité.
À ces forces s’ajoutent les acteurs chargés des secours et de la prise en charge des victimes. Les sapeurs-pompiers, les unités médicales et les différentes administrations civiles ont également été intégrés à la préparation. « Avant cet exercice de certification qui clôture les exercices, maintenant il ne reste qu’à faire face à la menace, en espérant que nous serons dissuasifs pour qu’elle ne se réalise pas. Il y a eu des tests sur table, une planification de plusieurs exercices au niveau de chacune des forces, mais également il y a l’intégration aujourd’hui de toutes les forces de défense et de sécurité, mais également les sapeurs-pompiers pour les secours, les unités médicales, les administrations civiles, tous les services de l’État ont été impliqués pour la réussite de cet exercice », a détaillé le ministre.
Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, cette logique est au cœur de la stratégie de sécurité des JOJ. Il estime que la meilleure réponse à une menace passe aussi par la capacité à faire comprendre que les forces sont préparées à intervenir. « La force, on la montre pour ne pas avoir à l’utiliser. C’est d’abord ça de la dissuasion », a-t-il déclaré.
Évènement d’envergure, les JOJ vont entraîner une concentration exceptionnelle de personnes à Dakar. Athlètes, délégations officielles, encadreurs, membres des organisations sportives, visiteurs et populations devront cohabiter avec les contraintes liées à l’organisation de l’événement. Sur ce point, le ministre de l’Intérieur veut également préparer les Sénégalais aux changements que pourraient entraîner les Jeux dans leur quotidien. La circulation des personnes et des véhicules pourrait notamment être perturbée dans certaines zones. « Ceux qui viendront à Dakar doivent se sentir en sécurité. Nous sommes prêts pour accueillir dans la sécurité les athlètes, les délégations officielles, mais également à continuer à sécuriser les populations sénégalaises parce que c’est cela notre mission première. Les JOJ ne nous feront pas oublier. Nous devons continuer à mener ce travail de sécurisation », a assuré Mouhamadou Makhtar Cissé.
Les autorités entendent également maintenir, pendant la compétition, les missions habituelles de protection des populations et de maintien de l’ordre. « Donc ce sera une sécurité collective. Et le message que je lance à tous les Sénégalais est que chaque Sénégalais a un rôle à jouer. Je les appelle également à un peu plus de patience et de résilience parce que forcément, il y aura des désagréments. Quand vous organisez un événement de cette dimension, il y aura des contraintes liées à la circulation, des contraintes liées aux flux des personnes et des véhicules. Et donc forcément, il y aura quelques désagréments qu’il faudra tolérer pour faire de cet événement majeur une réussite », a prévenu le ministre.







