Une nouvelle page s’ouvre pour le paysage littéraire et médiatique national. La Société sénégalaise de presse et de publications (SSPP) a procédé, ce mardi 6 octobre 2026 au Musée des civilisations noires, au lancement officiel de sa propre maison d’édition : les « Éditions du Soleil ». Pour étrenner son catalogue, la nouvelle structure a publié son premier ouvrage, « Dabakh, la pédagogie de la bonté », écrit par le journaliste Sidy Diop, conseiller éditorial du groupe.
Devant un parterre de personnalités — dont une délégation de Tivaouane conduite par Serigne Sidy Ahmed Sy, le Secrétaire général du ministère de la Communication, Mouhamadou Moustapha Thioune, le président de la Commission Culture et Communication du Magal de Touba, Serigne Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma, et l'ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri —, l'événement a marqué le point de départ d'une ambition industrielle et culturelle majeure.
Les « Éditions du Soleil » : Une passerelle pour la mémoire et la création littéraire
En créant sa filiale d'édition, le quotidien national entend dépasser le cadre de l'actualité immédiate pour s'attaquer au défi de la conservation et du coût de l'édition au Sénégal. Comme l'a rappelé le Directeur général de la SSPP Le Soleil, Lamine Niang, le pays produit d'immenses talents et de nombreux manuscrits, mais se heurte souvent aux contraintes de distribution et de coûts de fabrication. « Un journal raconte ce qui arrive. Un livre raconte ce qui mérite de ne pas disparaître », a martelé Lamine Niang. « Le Soleil entend désormais investir un autre territoire de la parole : celui du livre. Ce choix n’est ni une diversion ni une fantaisie éditoriale. Il procède d’une conviction : transformer certaines informations en mémoire, certaines mémoires en récits, certaines pensées en œuvres et certaines œuvres en patrimoine. »
Bénéficiant d'une marque forte, d'un fonds documentaire exceptionnel et de réseaux de distribution sur l'ensemble du territoire, les Éditions du Soleil entendent s'imposer comme un révélateur de talents, un éditeur de référence et une passerelle entre la recherche, la littérature et le grand public.
« Dabakh, la pédagogie de la bonté » : Une œuvre fondatrice signée Sidy Diop
Premier titre à inaugurer cette collection, l'ouvrage de Sidy Diop propose une plongée intime et analytique dans la vie et l'héritage de Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh. L'auteur y décortique la posture du troisième khalife général des Tidianes, non pas uniquement comme figure religieuse, mais comme un véritable éducateur social dont la douceur et la retenue constituaient une réelle méthode de gouvernance des hommes.
Pour Sidy Diop, la rédaction de ce livre répond à un devoir de mémoire et à une dette envers une voix qui a bercé son enfance et façonné sa vision de la société : « Dabakh a été pour moi un modèle avant de devenir un sujet de livre. Ce livre est la dette d’un enfant devenu adulte envers une voix qui l’a accompagné, la dette d’un talibé envers un guide, et la dette d’un Sénégalais envers une figure qui appartient désormais à notre mémoire », a expliqué l'auteur lors de sa présentation. « L’humilité n’a pas d’âge, le respect ne se démode pas, la fraternité ne devient jamais obsolète et la bonté demeure une forme exigeante du courage. »
Sidy Ahmed Sy et Touba magnifient l'héritage d'un trait d'union national
La cérémonie a été particulièrement marquée par le témoignage empreint d'émotion de Serigne Sidy Ahmed Sy, venu représenter la famille de Tivaouane. Revenant sur les qualités quotidiennes de son illustre père, il a dépeint un homme multidimensionnel dont l'altruisme s'exprimait dans les moindres détails du quotidien. « Mon père incarnait avant tout l'humilité et un profond attachement à l'humain », a rappelé Sidy Ahmed Sy, soulignant que le saint homme « ne prenait son repas qu’après s’être assuré que ceux qui l’entouraient avaient déjà été servis ». Appelant à la fraternité et au dialogue sincère dans le sillage des enseignements de Dabakh, il a chaleureusement salué la démarche et la dynamique éditoriale impulsées par Le Soleil.
Présent aux côtés de la famille de Tivaouane, Serigne Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma, président de la Commission Culture et Communication du Grand Magal de Touba, a mis en relief le rôle historique de trait d'union interconfrérique joué par le défunt khalife. « Quand l’auteur parle de la pédagogie de la bonté, cela veut dire que la bonté est une attitude. Et Mame Abdou Aziz Dabakh a montré comment être bon. C’est ce qui est le plus important », a-t-il affirmé à la tribune, rappelant que cette leçon de vie est appelée à traverser les générations.
Analysant cette portée universelle, le Directeur général Lamine Niang a conclu que « la bonté, chez Dabakh, n’était pas une faiblesse ni une posture de convenance. Elle était une méthode, une discipline, une manière d’éduquer ».
L'événement s'est prolongé au Musée des civilisations noires par le vernissage de l'exposition « Dabakh, l’intemporel », offrant au public des archives inédites, des enregistrements sonores et des visuels retraçant le parcours d'un homme qui continue de réunir tout un peuple, scellant ainsi le baptême réussi des Éditions du Soleil.







