Un vif échange oppose actuellement Mamoudou Ibra Kane à Jean Michel Sène, révélant des tensions croissantes autour de la gestion publique et de la gouvernance au Sénégal.
Dans une sortie critique, Mamoudou Ibra Kane a remis en question la sincérité des engagements de bonne gouvernance portés par le pouvoir en place, affilié à PASTEF. Il a notamment exprimé ses inquiétudes quant au sort du directeur général de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER), estimant que ce dernier pourrait être « sacrifié » dans des dynamiques politiques qui le dépassent.
« Je plains le jeune DG de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale qui risque d'être sacrifié sur l'autel d'intérêts qui le dépassent », a dit le président du mouvement Demain C'est Maintenant (DCM).
L'ancien journaliste a également lancé un appel à la jeunesse sénégalaise, l'invitant à ne pas servir d'instrument dans des luttes de pouvoir. Selon lui, les jeunes doivent s'engager au service de la nation sans compromettre leur intégrité ni leur avenir. Par ailleurs, il a dénoncé une marginalisation du secteur privé national, qu'il juge en contradiction avec les discours souverainistes des autorités.
En réponse, Jean Michel Sène a fermement répliqué, mettant en cause la rigueur et la crédibilité de Mamoudou Ibra Kane. Il lui reproche un manque d'enquête sérieuse et une tendance à formuler des accusations sans fondement.
« Un journaliste reconverti en politicien devrait, sur des sujets d'intérêt public, retrouver le réflexe élémentaire qu'impose son ancien métier : enquêter sérieusement, vérifier les faits et produire du concret, au lieu d'aligner approximations et formules creuses. À ce rythme, votre parcours politique risque de ressembler à votre parcours journalistique : de la grandiloquence, mais aucun travail de référence », a répondu Jean Michel.
Le directeur général de l'ASER a défendu l'action de son institution, affirmant que son équipe contribue à préserver des milliards de francs CFA de fonds publics.
« La jeunesse qui contribue à préserver des milliards de FCFA de nos deniers publics n'a pas besoin de vos conseils. Bavardez. Rien ne nous fera reculer. Nous irons jusqu'au bout. Les Sénégalais découvriront d'abord votre incompétence et votre mauvaise foi, puis les mécanismes par lesquels de supposés entrepreneurs, en connivence avec des politiciens, ont pu soutirer des milliards à l'État », dit-il.
Dans une contre-attaque appuyée, Jean Michel a évoqué l'existence de mécanismes ayant permis à certains acteurs, en lien avec des responsables politiques, de tirer indûment profit des ressources publiques. Il a notamment cité le dossier Intermaq, qu'il considère comme emblématique de ces pratiques.
Jean Michel Sène a par ailleurs annoncé la tenue prochaine d'une conférence de presse, après la fête de la Korité, au cours de laquelle il entend présenter des éléments concrets sur la gestion de ce dossier et réaffirmer son engagement en faveur de la transparence.








