L’heure est grave c’est pourquoi je prends la parole aujourd’hui avec un sens aigu de responsabilité, mais aussi avec une profonde inquiétude. Ce qui est en train de se jouer sous nos yeux n’est pas une simple réforme technique, ni un ajustement institutionnel ordinaire. C’est un moment de bascule. Un moment où se mesure la solidité de notre démocratie, la sincérité de nos engagements envers l’État de droit, et le respect que nous accordons à la souveraineté du peuple sénégalais.
On nous parle de textes issus d’un “consensus”. Mais je pose la question, calmement et fermement : où est ce consensus ? Qui en sont les véritables acteurs ? Comment a-t-il été construit ? Peut-on sérieusement parler d’accord national lorsque des voix importantes issues de l’opposition, de la société civile, de milieux indépendants n’ont pas été associées de manière transparente, équitable et sincère ? Le mot “consensus” ne doit pas être utilisé pour masquer une réalité tout autre. Il ne doit pas devenir un outil de communication destiné à légitimer une démarche qui, dans les faits, ne l’est pas.
Une démocratie ne se décrète pas, elle se construit dans l’inclusion, dans l’écoute, dans le respect des divergences. Une réforme imposée, même avec les meilleures intentions affichées, reste une réforme fragilisée dès sa naissance. Et une loi qui naît dans la contestation porte en elle les germes de tensions futures.
Sur le fond, certains tentent de rassurer l’opinion en mettant en avant la création ou la restructuration d’institutions telles que la Cour constitutionnelle ou la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Mais permettez-moi d’être clair : ce n’est pas la forme qui garantit la justice, c’est la pratique. Ce n’est pas le nom d’une institution qui fait sa crédibilité, mais son indépendance réelle, son fonctionnement concret, et la confiance qu’elle inspire aux citoyens.
Avons-nous aujourd’hui des garanties solides que ces institutions seront totalement protégées de toute influence politique ? Avons-nous des des mécanismes clairs, transparents et incontestables pour assurer leur impartialité ? Qui les nomme ? Selon quels critères ? Avec quels contre-pouvoirs ? Tant que ces questions resteront sans réponses précises, la méfiance ne pourra que grandir. Et cette méfiance, loin d’être irrationnelle, est fondée sur des expériences passées que nous ne pouvons pas ignorer.
Le véritable enjeu n’est pas dans les annonces, ni dans les discours rassurants. Il réside dans les garanties concrètes. Dans les mécanismes qui empêchent les dérives. Dans les garde-fous qui protègent l’équilibre démocratique. Sans cela, nous risquons de reproduire les mêmes erreurs, avec des conséquences potentiellement plus graves encore.
Mais au-delà du contenu, il y a la méthode. Et sur ce point, je suis obligé de dire que ce qui est proposé pose un problème majeur. On nous invite à des concertations, à des discussions, à des échanges… alors même que tout semble déjà décidé. À quoi sert une concertation si elle intervient après le vote d’une loi ? Quelle en est la portée réelle ? Soyons lucides : une discussion organisée après coup n’est pas une concertation, c’est une formalité. Et une formalité ne remplace jamais un véritable dialogue.
La démocratie exige du temps. Elle exige de l’écoute. Elle exige de la bonne foi. Accélérer un processus aussi sensible, sans garantir une participation réelle de toutes les parties prenantes, c’est prendre le risque de fracturer davantage le tissu national.
C’est pourquoi je lance un appel solennel à l’ensemble des forces politiques de ce pays. Faites preuve de responsabilité. Refusez de cautionner des démarches qui ne permettent pas un débat sincère et équilibré. Ne vous engagez pas dans des cadres de discussion dont l’issue semble déjà écrite. Le peuple sénégalais attend de vous du courage, de la cohérence, et un engagement réel en faveur de la démocratie.
Je m’adresse également à la société civile sénégalaise. Votre rôle est plus que jamais central. Vous avez été, à travers notre histoire, un rempart contre les dérives, une voix pour les sans-voix, un pilier de vigilance démocratique. Aujourd’hui, ce rôle doit être assumé avec encore plus de détermination. Il ne s’agit pas d’opposition systématique, mais de défense des principes. Il s'agit d'exiger de la transparence, de réclamer des garanties, de rappeler que l'État de droit n'est pas négociable.
Je le dis avec gravité : si cette loi est adoptée dans les conditions actuelles, sans véritable consensus, sans concertation réelle en amont, elle ne sera pas perçue comme une avancée, mais comme une imposition. Et une imposition, dans un contexte démocratique, ne peut que nourrir la défiance.
Nous devons également nous poser une question essentielle : quelle sera la valeur d'une concertation organisée après l'adoption de la loi ? Quelle crédibilité aura-t-elle aux yeux des citoyens ? En réalité, toute action sérieuse, toute discussion utile, doit intervenir avant le vote. C'est la que les choses peuvent encore être influencées. C'est là que le dialogue peut produire des résultats. Après, il ne restera que des regrets C'est pourquoi j'insiste : il y a urgence.
Urgence à agir. Urgence à se mobiliser.
Urgence à faire entendre une voix collective, responsable, mais ferme.
J'en appelle à toutes les forces vives de la nation : leaders d'opinion, organisations citoyennes, jeunes, femmes, intellectuels, travailleurs. La mobilisation doit être à la hauteur de l'enjeu. Une mobilisation pacifique, réfléchie, mais déterminée. Une mobilisation qui ne vise pas à créer le chaos, mais à préserver l'essentiel.
Car ce qui est en jeu dépasse une loi. Il s'agit de notre capacité à rester fidèles à nos principes. À défendre ce qui fait la force de notre nation : une tradition démocratique respectée, un attachement profond aux libertés, une culture du dialogue.
Le Sénégal a toujours été regardé comme un modèle. Ce modèle ne doit pas être fragilisé par des décisions prises sans inclusion réelle, sans transparence, ni consensus véritable.
Le Sénégal a toujours été regardé comme un modèle. Ce modèle ne doit pas être fragilisé par des décisions prises sans inclusion réelle, sans transparence, sans consensus véritable.
Je refuse de céder au fatalisme. Rien n'est encore irréversible. Mais pour que cela reste vrai, chacun doit prendre ses responsabilités.
Maintenant, pas demain. Avant le vote, pas après.
L'histoire ne retient pas ceux qui ont attendu.
Elle retient ceux qui ont agi au moment où il le fallait.
Aujourd'hui est ce moment.+
Mouhamadou Lamine Massaly, Pdt Unr
On nous parle de textes issus d’un “consensus”. Mais je pose la question, calmement et fermement : où est ce consensus ? Qui en sont les véritables acteurs ? Comment a-t-il été construit ? Peut-on sérieusement parler d’accord national lorsque des voix importantes issues de l’opposition, de la société civile, de milieux indépendants n’ont pas été associées de manière transparente, équitable et sincère ? Le mot “consensus” ne doit pas être utilisé pour masquer une réalité tout autre. Il ne doit pas devenir un outil de communication destiné à légitimer une démarche qui, dans les faits, ne l’est pas.
Une démocratie ne se décrète pas, elle se construit dans l’inclusion, dans l’écoute, dans le respect des divergences. Une réforme imposée, même avec les meilleures intentions affichées, reste une réforme fragilisée dès sa naissance. Et une loi qui naît dans la contestation porte en elle les germes de tensions futures.
Sur le fond, certains tentent de rassurer l’opinion en mettant en avant la création ou la restructuration d’institutions telles que la Cour constitutionnelle ou la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Mais permettez-moi d’être clair : ce n’est pas la forme qui garantit la justice, c’est la pratique. Ce n’est pas le nom d’une institution qui fait sa crédibilité, mais son indépendance réelle, son fonctionnement concret, et la confiance qu’elle inspire aux citoyens.
Avons-nous aujourd’hui des garanties solides que ces institutions seront totalement protégées de toute influence politique ? Avons-nous des des mécanismes clairs, transparents et incontestables pour assurer leur impartialité ? Qui les nomme ? Selon quels critères ? Avec quels contre-pouvoirs ? Tant que ces questions resteront sans réponses précises, la méfiance ne pourra que grandir. Et cette méfiance, loin d’être irrationnelle, est fondée sur des expériences passées que nous ne pouvons pas ignorer.
Le véritable enjeu n’est pas dans les annonces, ni dans les discours rassurants. Il réside dans les garanties concrètes. Dans les mécanismes qui empêchent les dérives. Dans les garde-fous qui protègent l’équilibre démocratique. Sans cela, nous risquons de reproduire les mêmes erreurs, avec des conséquences potentiellement plus graves encore.
Mais au-delà du contenu, il y a la méthode. Et sur ce point, je suis obligé de dire que ce qui est proposé pose un problème majeur. On nous invite à des concertations, à des discussions, à des échanges… alors même que tout semble déjà décidé. À quoi sert une concertation si elle intervient après le vote d’une loi ? Quelle en est la portée réelle ? Soyons lucides : une discussion organisée après coup n’est pas une concertation, c’est une formalité. Et une formalité ne remplace jamais un véritable dialogue.
La démocratie exige du temps. Elle exige de l’écoute. Elle exige de la bonne foi. Accélérer un processus aussi sensible, sans garantir une participation réelle de toutes les parties prenantes, c’est prendre le risque de fracturer davantage le tissu national.
C’est pourquoi je lance un appel solennel à l’ensemble des forces politiques de ce pays. Faites preuve de responsabilité. Refusez de cautionner des démarches qui ne permettent pas un débat sincère et équilibré. Ne vous engagez pas dans des cadres de discussion dont l’issue semble déjà écrite. Le peuple sénégalais attend de vous du courage, de la cohérence, et un engagement réel en faveur de la démocratie.
Je m’adresse également à la société civile sénégalaise. Votre rôle est plus que jamais central. Vous avez été, à travers notre histoire, un rempart contre les dérives, une voix pour les sans-voix, un pilier de vigilance démocratique. Aujourd’hui, ce rôle doit être assumé avec encore plus de détermination. Il ne s’agit pas d’opposition systématique, mais de défense des principes. Il s'agit d'exiger de la transparence, de réclamer des garanties, de rappeler que l'État de droit n'est pas négociable.
Je le dis avec gravité : si cette loi est adoptée dans les conditions actuelles, sans véritable consensus, sans concertation réelle en amont, elle ne sera pas perçue comme une avancée, mais comme une imposition. Et une imposition, dans un contexte démocratique, ne peut que nourrir la défiance.
Nous devons également nous poser une question essentielle : quelle sera la valeur d'une concertation organisée après l'adoption de la loi ? Quelle crédibilité aura-t-elle aux yeux des citoyens ? En réalité, toute action sérieuse, toute discussion utile, doit intervenir avant le vote. C'est la que les choses peuvent encore être influencées. C'est là que le dialogue peut produire des résultats. Après, il ne restera que des regrets C'est pourquoi j'insiste : il y a urgence.
Urgence à agir. Urgence à se mobiliser.
Urgence à faire entendre une voix collective, responsable, mais ferme.
J'en appelle à toutes les forces vives de la nation : leaders d'opinion, organisations citoyennes, jeunes, femmes, intellectuels, travailleurs. La mobilisation doit être à la hauteur de l'enjeu. Une mobilisation pacifique, réfléchie, mais déterminée. Une mobilisation qui ne vise pas à créer le chaos, mais à préserver l'essentiel.
Car ce qui est en jeu dépasse une loi. Il s'agit de notre capacité à rester fidèles à nos principes. À défendre ce qui fait la force de notre nation : une tradition démocratique respectée, un attachement profond aux libertés, une culture du dialogue.
Le Sénégal a toujours été regardé comme un modèle. Ce modèle ne doit pas être fragilisé par des décisions prises sans inclusion réelle, sans transparence, ni consensus véritable.
Le Sénégal a toujours été regardé comme un modèle. Ce modèle ne doit pas être fragilisé par des décisions prises sans inclusion réelle, sans transparence, sans consensus véritable.
Je refuse de céder au fatalisme. Rien n'est encore irréversible. Mais pour que cela reste vrai, chacun doit prendre ses responsabilités.
Maintenant, pas demain. Avant le vote, pas après.
L'histoire ne retient pas ceux qui ont attendu.
Elle retient ceux qui ont agi au moment où il le fallait.
Aujourd'hui est ce moment.+
Mouhamadou Lamine Massaly, Pdt Unr







