Le président du mouvement AGIR-LES LEADERS, Thierno Bocoum, n’a pas été convaincu par la récente intervention du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de sa grande interview. Dans une sortie au vitriol, il dénonce un discours « évasif » et une posture qu’il juge préoccupante.
Selon lui, le Président est resté en retrait sur les questions essentielles, préférant se réfugier derrière un récurrent « nous y travaillons », devenu « trop commode pour tenir lieu d’engagement ». Une manière, estime-t-il, d’éviter les réponses claires attendues par les Sénégalais.
Plus encore, Thierno Bocoum pointe un déséquilibre dans la communication présidentielle. « Le chef de l’État s’est montré plus prolixe sur son apport à son parti que sur sa contribution au pays », critique-t-il, y voyant une confusion entre responsabilité politique et engagement partisan.
Dans son analyse, il relève également un jeu subtil entre le « nous » et le « je ». Le premier servirait à diluer la responsabilité nationale, tandis que le second traduirait une appropriation assumée dès qu’il s’agit du parti. Une posture qui, selon lui, interroge sur la conception du pouvoir.
Sur le dossier sensible des fonds politiques, Bocoum évoque un « reniement de plus » et dénonce une ligne gouvernementale qu’il juge fluctuante, « ajustée au gré des circonstances plutôt que guidée par une vision claire ».
Concernant la réforme des institutions, il met en doute la capacité du Président à en assurer le pilotage. « Lorsqu’une majorité parlementaire issue de son propre camp peut adopter une loi sans son aval, elle peut aussi remodeler ses projets selon ses intérêts », avertit-il, pointant une fragilisation de l’autorité politique.
Autre sujet de discorde : la neutralité du régime sur la candidature de Macky Sall. Une position jugée peu crédible par Bocoum, qui évoque les prises de position publiques d’anciens membres du gouvernement comme preuve d’un manque de cohérence au sommet de l’État.
Enfin, sur les relations entre le Président et son Premier ministre, il souligne une contradiction majeure. Alors que la confiance est affichée, le chef de l’État serait, selon lui, publiquement contredit sans réaction. « Pendant que vous justifiez, d’autres s’affirment », résume-t-il.
En conclusion, Thierno Bocoum appelle à plus de clarté, de cohérence et d’autorité dans la conduite des affaires publiques. « Le Sénégal ne peut plus se satisfaire d’ambiguïtés. Il mérite une direction claire et une parole assumée au sommet de l’État », tranche-t-il.








