Face à la presse, le président Bassirou Diomaye Faye a été interpellé sur une question sensible : celle des fonds politiques. Entre exigence de transparence et impératifs d’action de l’État, le chef de l’État a défendu une ligne d’équilibre, assumant ce qu’il qualifie lui-même d’« opacité nécessaire ». Sur les fonds politiques, souvent perçus comme une zone grise des finances publiques, Bassirou Diomaye Faye a rejeté toute lecture simpliste.
« Si on disait tout, les Sénégalais auraient une autre impression », a-t-il affirmé, mettant en garde contre les interprétations biaisées qu’une transparence totale pourrait engendrer. Pour le président, ces fonds répondent à des besoins réels et parfois urgents de l’État. Renseignement, solidarité avec des pays voisins, gestion de situations sensibles ou aides ponctuelles à des citoyens : autant de domaines où l’action publique exige, selon lui, discrétion et réactivité.
« Il y a des actes qu’un État doit poser », a-t-il insisté, évoquant notamment les sollicitations sociales auxquelles il serait difficile de répondre négativement. Derrière cette justification, une idée centrale : les fonds politiques ne sont pas uniquement des instruments de pouvoir, mais aussi des leviers de redistribution et d’intervention sociale.
Le président a toutefois reconnu la nécessité d’un contrôle, tout en mettant en garde contre une régulation excessive qui pourrait entraver l’efficacité de l’action publique. « Le contrôle ne doit pas être une contrainte », a-t-il précisé, plaidant pour un encadrement souple.
Il reconnait que la question des fonds politiques continue de susciter débat. Entre exigence démocratique de transparence et impératif de discrétion stratégique, la ligne défendue par le président est de se demander jusqu’où peut aller l’opacité au nom de l’efficacité de l’État ?
Dans un contexte économique marqué par une croissance estimée à 1,6 % et des contraintes budgétaires persistantes, le président a tenu à relativiser les critiques. « Nous ne pouvons pas dire que tout marche dans ce pays. Il n’y a pas de pays où tout va bien », a-t-il déclaré, inscrivant son propos dans une logique de lucidité plutôt que de déni.
Mais au-delà de la conjoncture, c’est la gestion des ressources publiques qui a retenu l’attention. Cette défense intervient dans un contexte où l’exécutif met en avant des efforts de rigueur budgétaire. Le déficit serait ainsi passé de 12 % à 6 % en une année, tandis que des mesures sociales à fort impact ont été maintenues, notamment la généralisation de certaines indemnités.
Dans la même logique de rationalisation, le président a rappelé la suppression du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et du Conseil économique, social et environnemental, deux institutions souvent critiquées pour leur coût et leur rôle supposé dans la redistribution politique. Une décision présentée comme une « rupture », au profit des priorités économiques et sociales.
Les ressources ainsi dégagées auraient été orientées vers des secteurs essentiels, notamment l’éducation, avec la prise en charge d’enseignants et la résorption des abris provisoires. Sur le front social, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la stabilité salariale : « Nous n’avons pas de retard de salaire, encore moins d’accords non tenus », a-t-il affirmé, mettant en avant une gestion qu’il veut rigoureuse et crédible.
Enfin, le chef de l’État a défendu une politique tournée vers l’impact concret sur le quotidien des Sénégalais. « Il suffit de comparer les prix à notre arrivée et ceux d’aujourd’hui », a-t-il lancé, revendiquant des mesures orientées vers le pouvoir d’achat.








