Le livre met en lumière la lutte acharnée entre puissances mondiales : Chine et États-Unis en tête, pour le contrôle des minerais critiques indispensables à la transition énergétique, à la révolution numérique et aux rivalités militaires. L’Afrique, qualifiée de « scandale géologique », concentre des réserves colossales : 55 % du cobalt mondial, près de la moitié du manganèse, plus de 20 % du graphite naturel, sans oublier le cuivre, le nickel et le lithium. Ces richesses pourraient être le moteur d’une révolution industrielle africaine, mais elles alimentent trop souvent conflits, criminalité et instabilité.
L'auteur rappelle que l’exploitation minière finance des groupes armés, comme le M23 en RDC, et nourrit des guerres au Sahel ou au Soudan. Elle favorise aussi la criminalité organisée, notamment dans les zones d’orpaillage comme Kédougou, où prospèrent trafics et réseaux transnationaux. Enfin, elle entraîne une militarisation croissante des zones minières, avec l’intervention de sociétés militaires privées Wagner en RCA et au Mali, la Chine en Afrique australe, la Turquie au Niger, qui fragilisent la souveraineté des États.
Face à ce constat, l’auteur appelle à une prise de conscience collective. L’Afrique, absente du « banquet » où ses ressources sont pillées, doit se doter de mécanismes de gouvernance transparents, transformer localement ses minerais pour en tirer une valeur ajoutée, et renforcer sa coopération continentale, notamment à travers la ZLECAf. La métaphore de la « chaise vide du futur » illustre l’urgence de préserver ces richesses pour les générations à venir.
Le Banquet des minerais sonne ainsi comme une alerte : si l’Afrique ne s’organise pas, elle restera condamnée à n’obtenir que des miettes de ce festin mondial. Mais en reprenant la main sur ses ressources, elle peut espérer occuper enfin sa place légitime au banquet du monde en gestation.








