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Situation au Mali, pourquoi ce désintérêt au Sénégal ?


Rédigé le Lundi 27 Avril 2026 à 16:35 | Lu 52 fois | 0 commentaire(s)




Le Mali fait face à un contexte sécuritaire difficile depuis quelques mois. Il y a deux jours, la situation s’est dégradée avec la prise de la ville de Kidal, suivie de la mort du ministre de la Défense et de plusieurs autres blessés, dont le chef d’État-major général des armées et le directeur du renseignement. Certaines sources affirment même que le général Assimi Goïta, chef de l’État, est blessé. À cela s’ajoute la ville de Gao qui risque de tomber. 

Malgré ce tableau alarmant, on note peu de réactions du côté du Sénégal. Certes, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a condamné « avec la plus grande fermeté les attaques terroristes » et promet le soutien du Sénégal au Mali. Mais en dehors de lui, c’est presque le silence, que ce soit du côté des autorités, de l’opposition et de la société civile. Au regard de l’attitude de tous ces acteurs, on ne sent pas que la menace est proche de notre pays. Pourquoi alors ce silence qui frise l’indifférence ?

En journalisme, il y a ce qu’on appelle la loi de la proximité, parfois appelée mort kilomètre. Cela veut dire que plus un citoyen se sent proche d’individus affectés par une actualité, plus il se sent concerné et voudrait en savoir davantage. Cette proximité peut être géographique, affective, confessionnelle, professionnelle…

En vertu de ce principe, le Sénégal devait être concerné par tout ce qui se passe au Mali. D’abord pour des raisons géographiques, parce que le Mali est un pays frontalier. Par conséquent, toute instabilité au Mali représente une menace pour le Sénégal. Bamako constitue donc un rempart pour Dakar face au djihadisme qui sévit dans la sous-région. Si jamais le Mali tombe, le Sénégal sera la prochaine cible.

Ensuite, pour des raisons historiques, car en plus d’avoir appartenu, en partie, aux mêmes empires dans le passé, les deux pays ont formé une fédération juste après les indépendances, ce qui explique la ressemblance des drapeaux et des devises. Le tout sans compter les liens culturels entre les deux peuples.

Enfin, pour des raisons économiques. Le Mali étant un pays enclavé, sans accès à la mer, une bonne partie de ses importations et exportations passent par le port de Dakar. La présence massive de camions maliens sur la route nationale Dakar-Tamba en est la manifestation la plus visible.

Pour toutes ces raisons, Dakar devait être le premier pays à se sentir concerné en premier par toute instabilité sécuritaire, économique et même politique chez son voisin. Paradoxalement, en dehors de quelques voix directement intéressées par la question telles que Cheikh Tidiane Gadio, Bakary Samb ou Alioune Tine, on ne voit pas trop les leaders politiques, les intellectuels, la société civile ou même les hommes d’affaires se préoccuper de la question.

Hors cadre médiatique

Ces personnalités, à l’image des médias, semblent avoir des œillères sur les sujets domestiques. Le regretté Jean Meïssa Diop disait que le Sénégal a une presse casanière. Le peu d’intérêt que les médias sénégalais accordent aujourd’hui à la situation au Mali lui donne raison. Aucun envoyé spécial au Mali pourtant tout proche. Bizarrement, c’est dans ce même Sénégal qu’on a vu un groupe de presse déployer un reporter à la frontière de l’Ukraine, en 2022 à l’éclatement du conflit avec la Russie.

Il y a quelques mois et plus récemment, quelques semaines, le Mali a connu un blocus imposé par les djihadistes du JNIM. Le pays a manqué terriblement de carburant, puisqu’aucun camion-citerne n’a pu entrer au Mali, quel que soit son pays de provenance. Dakar a subi d’ailleurs les contrecoups à travers son port par lequel transitent les marchandises. Mais cette actualité a été quasi méconnue au Sénégal.

Ici, il n’est pas question d’entrer dans des considérations politiques pour dire si le régime est légal ou illégal. Si ces choix stratégiques sont bons ou mauvais. De toute façon, Dakar est obligé de faire avec les tenants du pouvoir des pays voisins, quel qu’en soit le régime. Il ne lui appartient pas de déterminer si le pouvoir doit être militaire ou civil, s’il doit passer par les armes ou les urnes.

Ce qu’il y a à mettre en avant ici, ce sont les intérêts du Sénégal. Il est donc temps pour Dakar de reconsidérer au plus vite ses relations avec le Mali et d’aider Bamako à faire face au djihadisme. Si on en était capable d’envoyer un contingent de 500 hommes en 2013 dans le cadre du Minusma, on devrait être capable de faire plus en 2026 en mobilisant d’autres pays de la sous-région, comme l’a annoncé le président Diomaye Faye. Mais pour cela, il faut aller au-delà des réactions et prendre l’initiative. La situation d’aujourd’hui n’est pas moins préoccupante que celle d’il y a 13 ans. Sauf si la mobilisation était plus française qu’africaine.



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