C'est dans une atmosphère empreinte d'une profonde gravité que la famille judiciaire sénégalaise s'est rassemblée ce 7 novembre 2026 pour rendre un dernier hommage au Bâtonnier Yérim Thiam. Venu porter le message de compassion des plus hautes autorités de l'État, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a exprimé la douleur partagée par toute la nation. « Je suis porteur des condoléances de Son Excellence Monsieur le Président de la République et de Monsieur le Premier Ministre, qui s’associent à la douleur de la famille et du Barreau », a-t-il déclaré d'emblée.
Fils de Doudou Thiam, premier ministre des Affaires étrangères du Sénégal indépendant, Maître Yérim Thiam avait grandi dans une haute idée de l'État et du droit. Ayant prêté serment le 25 juillet 1975, il a consacré plus d'un demi-siècle à la défense. Porté par ses pairs à deux reprises à la tête de l'Ordre, de 1996 à 1998 puis de 1998 à 2000, il a exercé cette fonction « avec l’autorité que nul ne lui contestait, et un souci constant de la dignité de la robe ».
« Nous arrivions pour apprendre, nous repartions éblouis »
Rappelant la prestance de l'avocat et ses compétences au prétoire, le ministre de la Justice a évoqué la mémoire d'une voix qui marquait les audiences. « Au prétoire, il imposait le respect par sa seule présence. Sa voix de stentor emplissait la salle d’audience. Ses plaidoiries, dont il détenait seul le secret, alliaient la rigueur du raisonnement à la force de la conviction », a témoigné Me Moussa Sarr.
Le Garde des Sceaux a également partagé un souvenir personnel empreint d'admiration, rappelant ses propres débuts dans la profession : « C’est sous son bâtonnat, le 4 février 2000, que j’ai prêté serment. Jeune avocat, je ne manquais jamais, avec mes confrères, l’occasion d’assister à ses mémorables plaidoiries. Nous arrivions pour apprendre. Nous repartions éblouis. Il était phénoménal. Pour toute une génération, il a été une école et un modèle ».
Adresse faite à la veuve du défunt, à ses enfants et à l'ensemble du Barreau, le ministre a conclu son allocution par des mots empreints d'une grande spiritualité : « Vous avez plaidé tant de causes devant la justice des hommes. Vous voici désormais auprès du Juge suprême, dont la miséricorde n’a pas de limite. Que vos œuvres plaident pour vous. Que la terre de Gossas vous soit légère ».







