Dans un entretien accordé à Seneweb, la députée de Pastef Maïmouna Bousso revient sur les récentes déclarations d’Ousmane Sonko concernant la discipline au sein du groupe parlementaire majoritaire. Elle apporte également des précisions sur les absences constatées lors de l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Selon Maïmouna Bousso, Ousmane Sonko aurait été particulièrement clair sur la conduite à tenir par les députés se réclamant de Pastef. « Tout député de Pastef qui prendra une décision contraire à celle du parti perdra son mandat », rapporte-t-elle, en attribuant cette position au président du parti.
​ « Les 130 députés se réclament de Pastef »
​La députée insiste sur l’identité politique du groupe parlementaire majoritaire. Elle affirme que les 130 députés qui le composent se réclament de Pastef-Les Patriotes. Une manière, selon elle, de répondre aux interrogations sur l’existence éventuelle de courants ou de tendances au sein de la majorité parlementaire. « Si Kiiraay estime avoir un seul député parmi eux, il doit avoir le courage de le dire à haute voix et de l’assumer », lance-t-elle, avant de récuser l’idée d’un groupe parlementaire traversé par des divisions. Pour Maïmouna Bousso, le groupe est « soudé » et ne connaît pas de problème particulier. Les relations personnelles que certains députés peuvent entretenir avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ne changeraient rien à leur appartenance politique. Elle pousse même le raisonnement plus loin : « Même parmi les députés, s’il y avait un fils ou un frère de Diomaye, tant qu’il respecte les directives, nous n’avons pas de problème avec lui. »
​ Une attaque contre Aldiouma Sow et Kiiraay
​La députée de Pastef s’en prend également à Aldiouma Sow et à son parti. Elle estime que leur démarche politique mérite d’être revue. « Je crois qu’Aldiouma Sow et son parti, qui sont à zéro, doivent revoir leur démarche. Ils sont sans députés et sont allés prendre les maires des autres partis », affirme-t-elle. Une sortie qui intervient dans un contexte de débats sur les repositionnements politiques et les recompositions au sein de la majorité comme de l'opposition.
​ Absences à l’Assemblée : Maïmouna Bousso relativise
​L’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, lundi, avait été marquée par une présence jugée faible. Une centaine de députés étaient présents, tandis que 17 avaient officiellement présenté des excuses. Certains médias ont interprété ces absences comme le signe d’un malaise ou d’une rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Maïmouna Bousso rejette cette lecture. Pour elle, il ne s’agit pas d’un phénomène d’absentéisme au sein de Pastef. Avec les vacances parlementaires, plusieurs députés étaient retournés dans leurs bases, tandis que certains vivent à l’étranger. D’autres, précise-t-elle, avaient régulièrement justifié leur absence. Elle pointe également du doigt l’opposition, estimant que le groupe parlementaire Hakku-Wallu n’était pas présent dans la salle. « L’opposition s’oppose dans les médias et ne vient pas à l’Assemblée pour mériter son salaire », dénonce-t-elle, estimant que les débats devraient davantage porter sur cette question que sur l’absence de certains députés du groupe majoritaire. Elle inclut également les non-inscrits dans cette critique.
​ « La priorité, c’est le travail parlementaire »
​La députée rappelle par ailleurs que la session extraordinaire s’étale sur plusieurs jours et que certains élus ne s’attendaient pas à sa convocation. Elle assure surtout que plusieurs députés absents lors de la séance d’ouverture ont néanmoins participé aux travaux préparatoires. Certains étaient présents à la réunion du groupe parlementaire et devraient prendre part aux réunions de commission et aux séances plénières à venir. Elle rappelle enfin que le règlement intérieur prévoit des dispositions relatives à l’absentéisme. Dans cette logique, le message attribué à Ousmane Sonko serait double : discipline politique d’un côté, assiduité parlementaire de l’autre. Maïmouna Bousso défend ainsi l’image d’une majorité parlementaire qui, malgré les spéculations sur les relations entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale, resterait structurée autour de Pastef et de ses orientations. Pour elle, « c’est la première fois dans l’histoire du Sénégal » qu’une Assemblée nationale aurait un agenda répondant aussi directement aux préoccupations des populations. Une affirmation qui devrait toutefois continuer d’alimenter le débat politique, au regard des tensions et interrogations qui entourent actuellement la majorité parlementaire.







