le ministre de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana, a inauguré ce samedi matin une boulangerie mobile du programme « Mburu Daaray Yi » au Daara Serigne Ousmane Touré Rouhou Koki de Diourbel, en présence du gouverneur de la région, du préfet du département, du représentant du maire, du directeur général de l'Agence de Développement Local ainsi que des autorités religieuses et coutumières.
Le ministre a profité de cette tribune pour réaffirmer la philosophie du gouvernement en matière de développement territorial, sous l'impulsion du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. « Le développement ne peut demeurer une promesse abstraite décrétée depuis les sommets. Il doit être vécu, ressenti et approprié par les populations elles-mêmes, là où elles vivent, travaillent et construisent leur avenir », a-t-il martelé. « Chaque territoire porte en lui des ressources humaines, culturelles et économiques qui n'attendent qu'à être mobilisées. Notre rôle, en tant qu'État, est de créer les conditions permettant à ces ressources d'exprimer pleinement leur potentiel », a-t-il ajouté.
Porté par l'Agence de Développement Local (ADL) sous la conduite de Diamé Signaté et financé sur cinq ans pour un montant estimé à 2,5 milliards de francs CFA, le programme « Mburu Daaray Yi » repose sur trois piliers fondamentaux : la sécurité alimentaire des talibés, leur formation professionnelle aux métiers de la boulangerie et la création d'activités économiques pérennes pour chaque daara bénéficiaire.
Le ministre a présenté un bilan . À l'issue des phases 1 et 2, 24 boulangeries mobiles ont été déployées, assurant la nutrition quotidienne de 7 341 talibés. Les unités en activité produisent près de 1 920 miches de pain par jour, soit plus de 691 000 miches par an. La phase 3, désormais lancée, vise à porter le nombre de bénéficiaires à plus de 30 000 talibés et à créer au moins 100 emplois directs supplémentaires dans les territoires couverts.
Une réponse structurelle à la mendicité
Sur la question sensible de la mendicité des enfants talibés, le ministre Fofana a déclaré que. « La mendicité des enfants talibés demeure l'une des questions les plus sensibles de notre société. Elle interpelle notre conscience collective, notre image en tant que nation et notre responsabilité envers les générations futures », a-t-il reconnu solennellement.
Avant d'assener : « Face à ce défi, nous avons choisi une réponse structurelle plutôt que répressive. Car ce que nous construisons, en réalité, c'est l'avenir d'un jeune qui, au lieu de tendre la main dans la rue, apprendra à pétrir le pain, à gérer une activité économique et à se projeter vers l'avenir avec fierté et autonomie. C'est aussi l'avenir de toute une communauté qui voit en ses enfants non plus une charge, mais une force. »
Pour conclure, le ministre a insisté sur la nécessité d'une action collective et coordonnée. « Si le développement local est une œuvre collective, aucune institution, aussi puissante soit-elle, ne peut à elle seule transformer un territoire. C'est l'alliance entre l'État, les collectivités territoriales, les communautés religieuses, la société civile et les partenaires techniques qui crée les conditions d'un changement durable », a-t-il conclu, saluant au passage l'Agence de Développement Local qui, sous la conduite de Diamé Signaté, « incarne cette approche partenariale avec conviction et rigueur. »







