Encore une fois de plus l'incapacité chronique de la majorité actuelle au Sénégal à gérer avec sérénité et efficacité les affaires publiques a sévi.
La crise sociale au sein de l'université de Dakar et dans d'autres campus universitaires du pays est cyclique.
La question centrale du paiement des bourses a toujours structuré les révoltes étudiantes dans notre pays.
Les gouvernements successifs du pays ont été confrontés à cela.
Ils arrivaient souvent plus ou moins à gérer cette crise avec tact et sens des responsabilités pour trouver des artifices budgétaires à la satisfaction de cette revendication boursière des étudiants.
L'ancien premier ministre du Sénégal Amadou Ba avait bien identifié le problème budgétaire de paiement des bourses et avait même donné des leçons de satisfaction de cette revendication par des combinaisons budgétaires. C'est cela le sens des responsabilités d'un homme d'état et de l'expertise qu'il faut pour dirriger un gouvernement.
La violence policière contre les étudiants est le reflet d'une violence globale qu'exerce ce gouvernement contre l'ensemble du peuple sénégalais. Cette nouvelle majorité a une appétence à la violence assez marquée. D'une opposition insurrectionnelle jusqu'à leur victoire électorale et par l'exercice actuel du pouvoir la violence est omniprésente dans le mode de gestion des affaires publiques.
La violence sociale par les licenciements des travailleurs du port, la violence psychologique par les difficultés économiques et sociales du peuple sénégalais, la violence juridique par des emprisonnements abusifs de citoyens sénégalais qui plongent des familles dans la détresse, la peur et la séparation. Les sénégalais subissent toutes sortes de violence de la part de ce gouvernement. Le langage des autorités, le lexique utilisés renvoient souvent à une violence verbale avec des expressions tels que effacer, résidus, "feugue thi kassobi",etc.....
Tout cela était précédé par des discours haineux qui mettaient les sénégalais en citoyens de blocs antagoniques, en ennemis politiques qui doivent s'affronter dans un mortal combat.
La violence policière n'est jamais gratuite ou hors contexte politique. La police si républicaine soit-elle obéit aux ordres du politique. Le contexte national, les attitudes et le langage des élites politiques et des autorités de chaque pays influe nécessairement sur le comportement des forces de l'ordre. Le caractère républicain de la police sénégalaise est indéniable mais ce sont des hommes et des femmes qui agissent dans un contexte donné. Nul ne peut échapper au contexte de son action. A ce titre le décès de l'étudiant Abdoulaye Ba est une tragédie pour sa famille, pour ses condisciples et pour toute la nation sénégalaise.
Nous présentons au nom du collectif nos condoléances à sa famille et ses proches et prions le Seigneur TP pour le repos de son âme.
La chaîne de responsabilités qui a abouti à son décès doit être située et les sanctions à la hauteur de cette tragédie doivent suivre.
La responsabilité pénale est l'affaire de la justice.
La responsabilité politique et morale du gouvernement est engagée. A ce titre la démission du ministre de l'intérieur est la première mesure à exiger de la part de nos autorités.
Cette démission doit être une forme de reconnaissance du sens de responsabilité qui incombe à un état dans la protection de la vie de ses concitoyens.
Notre pays, notre peuple subi trop de dégâts de la part de cette majorité.
Il urge de rectifier le tir au plus haut sommet de l'état. On ne gouverne pas un pays contre sa jeunesse, contre ses chefs d'entreprise, contre ses hommes fortunés, contre les intelligences créatrices de richesse et de valeurs.
On ne gouverne pas un pays par la rancœur, par l'esprit de revanche et par la segmentation sociétale.
Un pays c'est des millions et des millions d'êtres humains qui aspirent à se nourrir, à se soigner, à se loger, à étudier, à travailler et à faire société ensemble pour la paix et la prospérité partagée. C'est cela le contrat social de la république.
Ce gouvernement doit se ressaisir et opérer une véritable mutation, un changement de logiciel politique pour sauver notre pays qui est en train de sombrer partout.
Nous restons persuadés que le génie sénégalais est encore capable de se révéler en chacun de nous pour l'intérêt général du pays.
Ce pays est à nous citoyens, à nous hommes et femmes qui devons le léguer à nos enfants et aux générations futures.
Le Sénégal est au dessus de tous et de tout.
Cheikh Tidiane Ba
Coordinateur international du collectif citoyen et politique de la diaspora pour la reconquête démocratique au Sénégal








