Face aux inquiétudes croissantes des acteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), menacés par le ralentissement de l’activité et les difficultés de trésorerie, le président Bassirou Diomaye Faye a voulu rassurer. Devant la presse, il a reconnu une conjoncture difficile, tout en affirmant que le secteur amorce déjà un redressement.
« Il y a un ralentissement, mais nous sommes en train de redresser », a-t-il déclaré, inscrivant son discours dans une perspective de reprise progressive. Au cœur de cette stratégie, une volonté affichée d’assainir les pratiques et de rétablir la crédibilité du secteur. Le chef de l’État a notamment insisté sur la lutte contre les dérives qui ont longtemps fragilisé le BTP : surfacturation des marchés publics, chantiers non exécutés ou encore retards chroniques dans les délais de livraison. « Nous luttons contre les surfacturations, les marchés non exécutés et les délais d’exécution », a-t-il martelé, posant les bases d’une gouvernance plus rigoureuse.
Dans cette logique, la gestion du littoral a également été évoquée comme un axe stratégique, dans une « dynamique vertueuse » visant à mieux encadrer l’aménagement et à préserver les ressources.
Mais au-delà de l’assainissement, c’est bien la relance économique qui constitue l’enjeu central. Le président a annoncé un retour attendu de l’investissement public, présenté comme le principal levier de redynamisation du secteur. « Cette année sera celle du retour de l’investissement public », a-t-il assuré. Une orientation qui devrait se traduire par la reprise de plusieurs chantiers à l’arrêt, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux entreprises du BTP. L’État entend également jouer un rôle d’accompagnateur auprès du secteur privé, afin de stimuler l’activité et de relancer la commande.
La situation des petites et moyennes entreprises (PME) du BTP, particulièrement vulnérables, a été au cœur des préoccupations exprimées. Beaucoup d’entre elles font face à des difficultés liées au non-paiement de leurs créances. Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a évoqué la mise en place de mécanismes facilitant l’accès aux ressources financières, afin de leur permettre d’honorer leurs engagements et de relancer leurs activités. Le président a également insisté sur la nécessité de mobiliser des financements concessionnels : des prêts à faibles taux d’intérêt et à longue maturité, considérés comme essentiels pour soutenir durablement le secteur dans un contexte économique tendu. Enfin, la relance du BTP est étroitement liée à la question plus large du pouvoir d’achat et de l’emploi.
Le chef de l’État a rappelé les efforts engagés en matière de recrutements dans la fonction publique, contribuant indirectement à soutenir la demande et l’activité économique.







