Roué de coups dimanche dernier par des accompagnants d’une patiente de 12 ans après une absence de quelques minutes, Papa Amadou Diack, infirmier chef de poste (ICP) de Fadiouth, avait initialement suspendu ses activités. Dans un entretien accordé à L’Observateur de ce vendredi 28 août, il annonce avoir repris le service à la suite d’une médiation.
Le mercredi suivant l’agression, « une forte délégation de la communauté de Fadiouth, conduite par l’ancien Roi des arènes, Manga 2, est venue me voir », raconte l’infirmier. Venue présenter les excuses des villageois et solliciter un règlement à l’amiable, la délégation l’a convaincu d’accepter la médiation. Papa Amadou Diack a ensuite retiré sa plainte et repris le travail, tout en rappelant que « la mission d’un médecin est de soigner, pas de se battre avec les populations ».
Il souligne toutefois que les violences contre le personnel soignant ne constituent pas un cas isolé dans la zone. « Malheureusement, ce n’est pas une première », déplore-t-il, évoquant notamment d’autres incidents récents dans le secteur. Face à cette situation, les infirmiers chefs de poste et les sages-femmes du district sanitaire de Joal ont décidé d’organiser une « journée noire » ce jeudi, en se limitant à la prise en charge des urgences pour protester contre ces violences récurrentes.
Sur le plan sécuritaire, des démarches sont en cours pour renforcer la protection des agents. Le médecin-chef du district de Joal travaille déjà sur les mesures à prendre, tandis que les autorités compétentes ont promis une amélioration prochaine des conditions de travail. Le personnel soignant attend désormais des mesures concrètes : « Nous ne pouvons plus continuer à exercer dans la peur », alerte l'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias.








