La célébration de la naissance du Prophète Seydina Mouhammad (PSL) à Keur Mame El-Hadji Barro Ndiéguène remonte à fort longtemps. « Je ne puis vous donner une date exacte, mais ce qui est certain, c'est qu'à ma naissance, ce Gamou avait déjà lieu », confiait de son vivant El-Hadji Mouhammad Ndiéguène, rappelé à Dieu à l'âge de 107 ans — un âge presque similaire à celui de son illustre père, El-Hadji Ahmadou Barro, rappelé à Dieu à 111 ans.
Selon le président de la commission d'organisation du Gamou, Serigne Ousseynou Ndiéguène, la célébration présentait un autre visage avant de prendre sa forme actuelle : « Jadis, durant la nuit du Maouloud, ceux qui maîtrisaient le Livre Saint récitaient le Coran à haute voix toute la nuit durant, jusqu'à l'aube, en effectuant des allers-retours entre la mosquée et l'entrée de la maison. Une tradition communément appelée "Le Beuto". En revanche, ceux qui ne maîtrisaient pas les versets saints les lisaient autour d'un feu, tandis que d'autres, disciples et femmes, se contentaient de leur chapelet. »
Ces actes de dévotion envers le Tout-Puissant étaient accomplis en l'honneur du Prophète Seydina Mouhammad (PSL).
Plusieurs années plus tard, après cette longue période initiale, la célébration du Maouloud a évolué. Serigne Ousseynou Ndiéguène précise que « l'introduction des chants religieux (récitals de poèmes dédiés au Prophète Mouhammad) et les causeries sur sa vie constituent les principales innovations de cet événement. »
Le Grand Maître El-Hadji Ahmadou Barro Ndiéguène, fondateur du quartier Keur Mame El-Hadji
Homme de Dieu d’une dimension exceptionnelle, homme de foi et de paix, Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène est un érudit de l'islam né à Kassass, un village situé près de Kaffrine. Il y apprend très tôt et rapidement le Saint Coran, qu'il récite sept fois auprès de son vénéré père, Tafsir Mouhammadou Ndiéguène. Ce dernier était un disciple de Cheikhoul Seydi El-Hadj Oumar Foutiyou Tall, qui lui a transmis personnellement, au cours de son périple dans le Sine-Saloum, le Wird (initiation) et la Lidjaza (licence conférant le titre de Moukhadam, guide et représentant) de la confrérie Tidjaniya.
À la mort de son illustre père, dont le mausolée situé à Kassass accueille chaque année des milliers de pèlerins, il décide d'aller approfondir ses connaissances à Rufisque auprès de son oncle Tafsir Ibrahima Cissé, qui lui avait été recommandé par son père.
C'est en 1865 que Tafsir Ahmadou Barro Ndiéguène s'installe à Thiès. D'abord établi dans le quartier de Nginth-Escale, près du premier poste de gendarmerie de l'époque, il y crée la première mosquée de la ville ainsi que son daara (école coranique).
À la suite d'une vision spirituelle, il déménage plus à l'est pour s'installer près d'un petit baobab. Au fil du temps, ce site est devenu l'arbre ancestral autour duquel rayonne aujourd'hui un grand quartier baptisé « Keur Mame El-Hadji ». Portant le nom de son illustre fondateur, ce lieu demeure un trait d'union symbolique pour le respect de l'islam et de ses enseignements entre les différents quartiers de Thiès et les localités environnantes.
Tafsir Barro Ndiéguène fut le contemporain et l'ami d'illustres figures de l'islam, parmi lesquelles Thierno Daha Cheikh Oumar Tall (fils du grand maître du Fouta), Serigne Diabel Ndiaye de Keur Madaro (Thiès), Seydi El-Hadji Malick Sy de Tivaouane, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké de Touba, Cheikh Mame Thierno Dramé d'Amdallaye (Ndande), Cheikh Al-Islam El-Hadji Abdoulaye Niasse de Kaolack et Serigne Amary Ndack Seck de Thiénaba. Avec ces derniers, le grand Cheikh de Keur Mame El-Hadji a tissé d'indestructibles liens d'amitié, de famille et de fraternité.
Rejoint par une multitude d'hommes et de femmes en quête d'un guide spirituel, il s'est consacré, sa vie durant, à l'extension, la vulgarisation et au rayonnement de l'islam par l'éducation des masses, dans une région alors marquée par des pratiques païennes.
El-Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène, premier khalife du vénéré fondateur
Serviteur de l’islam et homme de Dieu d’une dimension exceptionnelle, El-Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène, premier khalife de son père El-Hadji Ahmadou Barro Ndiéguène, eut pour mission première de poursuivre l’œuvre incommensurable laissée par le fondateur. Jusqu’à son rappel à Dieu, le 14 août 1997 à l’âge de 106 ans, il a préservé ce legs à la grande satisfaction de l'ensemble des guides religieux, qui lui vouaient un profond respect.
El-Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène était un rassembleur hors pair. À l’image de son père, il a édifié de nombreux daaras et mosquées à travers le Sénégal. Reconnu pour son humilité, son sens du travail bien fait, sa générosité et son amour du prochain, il prenait son bâton de pèlerin lors des périodes de turbulences nationales pour prêcher la bonne parole et exhorter les Sénégalais à l'union et au retour vers Dieu.
Même lorsque sa santé ne lui permettait plus de se déplacer, il continuait de prodiguer des conseils avisés. Ses relations avec la famille omarienne, son ami personnel Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh (RTA), la famille de Serigne Touba (RTA) ainsi que l'ensemble des dignitaires religieux du pays sont demeurées exemplaires tout au long de sa vie.








