La chaleur cogne. Le courant coupe. L’eau disparaît des robinets. Mais, curieusement, la facture d’électricité, elle, ne connaît ni délestage ni panne. Elle arrive toujours à l’heure. Même quand le courant, lui, prend ses congés.
Les Sénégalais sont à bout. Sous tension, au propre comme au figuré. À force de chercher l’électricité, on en oublie presque la cherté des denrées. Le panier de la ménagère peut bien continuer à prendre l’ascenseur : pour l’instant, c’est le disjoncteur qui occupe tout l’espace.
Et comme si cela ne suffisait pas, voilà la rentrée scolaire qui pointe le bout de son nez. Teuss ! Dans certaines écoles privées, la liste des fournitures ressemble désormais à un devis de construction. Cahiers, livres, tenues, inscription… et maintenant la craie, les mouchoirs, les ramettes de papier pour l’administration. Pourquoi pas, demain, le salaire du gardien et le carburant du car scolaire ?
À ce rythme, il faudra bientôt demander aux parents de venir avec leur ampoule pour éclairer la classe.
Le plus triste, c’est que tout cela finit par paraître normal. On râle un peu, on soupire beaucoup, puis on paie. Parce qu’au Sénégal, le consommateur est devenu le dernier fusible : on tire dessus jusqu’à ce qu’il saute.
Et pendant ce temps, personne ne bronche vraiment. L’État regarde. Les factures arrivent. Les parents s’endettent.
La rentrée n’a pas encore commencé que les familles, elles, sont déjà en classe de survie.








