Vipeoples.net  | Site d'actualité générale sénégalaise des VIP


Déficit creusé, recettes en baisse, dépenses à la hausse… : Les grandes lignes du projet de loi de finances rectificative


Rédigé le Lundi 21 Septembre 2026 à 13:31 | Lu 52 fois | 0 commentaire(s)




Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) a suscité quelques frictions entre le camp présidentiel et la majorité parlementaire, détenue par le Pastef de Ousmane Sonko. Le texte est finalement déposé à l’Assemblée nationale vendredi. Seneweb a pu en parcourir les grandes lignes.

Un déficit qui se creuse de 490 milliards de FCFA

La première information saillante, c’est la taille du déficit budgétaire qui s’accroît. De 1 245,1 milliards de FCFA dans la Loi de finances initiale 2026 (LFI), il passe à 1 735,2 milliards, soit de 5,4 % du PIB à 7,6 % du PIB. Ce qui correspond à une aggravation de près de 490 milliards de FCFA.

Les autorités évoquent trois facteurs qui expliquent cette dégradation du déficit budgétaire. En effet, elles évoquent la hausse des subventions énergétiques, de nouvelles dépenses prioritaires et la baisse des recettes.

Les subventions à l’énergie triplent dans le PLFR

Pour ce qui est de la subvention à l'énergie, le gouvernement déclare qu’il avait budgétisé 250 milliards de FCFA dans la LFI. Mais elle est désormais réévaluée à 790,3 milliards de FCFA, avec la hausse des cours du baril de pétrole qui ont dépassé la barre des 100 dollars. Soit un écart de 540,3 milliards de FCFA, c’est-à-dire plus de trois fois l'enveloppe initiale.

Selon le Gouvernement, cette hausse des subventions est rendue possible, notamment, grâce à la réduction des dépenses publiques, à l’exception de celles concernant les secteurs sociaux, les infrastructures universitaires et la sécurité.

Coupes de 555 milliards dans les investissements

L’Etat a aussi réduit de 555 milliards de FCFA les investissements. Soit 315,7 milliards sur les investissements financés sur ressources internes et 239,3 milliards sur les investissements sur ressources extérieures.

« Ces ajustements ont été opérés en tenant compte de la performance des projets, des décaissements effectués et de l'impact sur la formation brute de capital fixe (FBCF), de manière à préserver la dynamique de croissance économique », renseigne le PLFR.

Baisse des recettes, le PRES de Sonko au ralenti

L’autre problème, qui ressort dans le projet de loi de finances rectificative, c’est la baisse des recettes budgétaires. Elles reculent de 6 188,8 milliards de FCFA dans la LFI à 5 848,7 milliards dans le PLFR. Soit une diminution de 340 milliards de FCFA.

Derrière ce chiffre global, il y a surtout la contre-performance du Plan de redressement (PRES). En effet, les recettes attendues de cette stratégie, qui avait été lancée par Ousmane Sonko, sont ramenées à 311,5 milliards de FCFA, contre 762,9 milliards initialement. Soit une moins-value de 451,4 milliards de FCFA.

Contrairement aux recettes, les dépenses haussent

Cependant, malgré la baisse des recettes, les dépenses augmentent. C'est la contradiction apparente du PLFR. En effet, dans la LFI, les dépenses étaient arrêtées à 7 433,9 milliards de FCFA. Dans le PLFR, elles passent à 7 583,9 milliards de FCFA. Soit 150 milliards de FCFA de plus.

La principale progression concerne les biens, services et transferts courants qui passent de 1 650 milliards à 2 185 milliards de FCFA. Soit une hausse de 535 milliards de FCFA, qui s’explique par l’augmentation des subventions énergétiques et de nouvelles dépenses, notamment les filets sociaux, les forces de défense et de sécurité et les compléments de salaires dans la santé.

Le montant des intérêts de la dette s’accroît

Aussi, l’Etat, qui avait prévu de verser 1 190,6 milliards à ses créanciers au titre des intérêts de la dette, va maintenant leur verser 1 285,2 milliards. Soit 94,6 milliards de plus. Il explique cette hausse par un renchérissement des taux d'intérêt et le changement d'instruments, dans un contexte de dégradation de la signature du pays.

« En effet, comparativement à son programme d’émission initial, le Sénégal a eu davantage recours aux bons du Trésor de maturité courte, occasionnant le paiement d’intérêts précomptés plus élevés, augmentant ainsi les charges financières sur la dette de l’année », explique le gouvernement.

Un colossal besoin de financement de plus de 6 774 milliards

Aussi, les besoins de financement de l’Etat du Sénégal sont évalués à 6 774,2 milliards de FCFA dans le PLFR. En effet, 4 516,2 milliards sont consacrés à l’amortissement de la dette, 1 735,2 milliards de FCFA au financement du déficit, 300 milliards à l’apurement d'arriérés intérieurs, 172,8 milliards aux emprunts rétrocédés et 50 milliards à la couverture des opérations extérieures des Armées (OPEX).

Ainsi, pour couvrir ce besoin, le PLFR prévoit notamment 5 626,4 milliards de FCFA d'emprunts sur les marchés financiers et emprunts-programmes, 975 milliards d'emprunts-projets et 172,8 milliards d'emprunts rétrocédés.

Dans le projet de loi de finances rectificative, le Gouvernement affirme vouloir compenser une partie de l'ajustement par les dépenses sociales. Ainsi, l'enveloppe des bourses de sécurité familiale passe notamment de 35 milliards à 70 milliards de FCFA. Elle est donc doublée.

⚡ RÉSUMÉ EXPRESS


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Les messages jugés choquants seront de suite supprimés


LERAL TV CANAL 33 SENEGAL


Facebook

Publicité