À force de vouloir tout réformer, tout encadrer et tout régler à coups de propositions de loi, Pastef découvre une curieuse vérité : le droit n’est pas un meeting politique. Ici, le slogan ne vaut pas article de loi et l’enthousiasme militant ne remplace ni la Constitution ni la procédure.
Loi interprétative, modification constitutionnelle, Règlement intérieur, fonds politiques… Ces derniers temps, le Conseil constitutionnel semble avoir pris un abonnement aux textes de la majorité. À chaque passage, même scénario : la volonté politique entre avec tambours et trompettes, le droit attend à la sortie, sifflet à la bouche.
Le plus cocasse, c’est que les députés persistent. « On va continuer ! », proclame-t-on. Très bien. Mais continuer à légiférer ne signifie pas forcément continuer à bien légiférer. Le Parlement n’est ni un laboratoire d’improvisation ni une tribune permanente pour régler des comptes.
À ce rythme, il faudra peut-être prévoir, avant chaque dépôt de proposition, un stage accéléré : « Constitution pour débutants : ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire et comment le faire. » Avec examen final, pourquoi pas !
N’est pas juriste qui veut. N’est pas législateur qui veut. La Constitution s’apprend ; elle ne s’invente pas. Et le droit, contrairement à la politique, ne négocie pas avec les applaudissements.
La majorité parlementaire doit donc travailler davantage et disserter moins. Le pouvoir politique et son opposition gagneraient, eux aussi, à privilégier le dialogue aux postures. Car pour réformer un pays, il faut parfois savoir déposer le mégaphone, ouvrir les codes et prendre le temps de lire.
Sinon, si on veut gagner tous les matchs politiques, on finit par offrir au Conseil constitutionnel le rôle du seul arbitre qui ne rate jamais son coup de sifflet.







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