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Présidentielle au Brésil : Neymar, Richarlison… Le football au cœur du duel entre Lula et Bolsonaro


Rédigé le Dimanche 25 Octobre 2026 à 15:28 | Lu 77 fois | 0 commentaire(s)




À l’approche du second tour de la Présidentielle brésilienne, la rivalité entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro dépasse largement le cadre politique. Entre les prises de position de Neymar, les accusations de Richarlison et les inquiétudes liées aux paris sportifs, le football est devenu un véritable terrain d’affrontement dans une campagne particulièrement tendue.

Au Brésil, le football ne se contente plus de faire vibrer les supporters. Il s’invite désormais au cœur de la bataille électorale. À quelques heures du scrutin prévu ce dimanche 25 octobre, le président sortant Lula et son rival Flávio Bolsonaro se livrent un duel serré, révélateur des divisions qui traversent le pays.

Arrivé en tête du premier tour avec 47,03 % des suffrages, contre 45,16 % pour Lula, le sénateur Bolsonaro voit son avance se réduire. Selon le dernier sondage Datafolha cité dans la campagne, les deux candidats sont à égalité avec 50 % des intentions de vote valides. Dans ce contexte, le soutien des personnalités populaires, notamment celles issues du monde du sport, constitue un enjeu de communication important.

Neymar affiche sa proximité avec le camp Bolsonaro

Figure emblématique du football brésilien, Neymar Jr s’est une nouvelle fois retrouvé au centre de la polémique politique. Déjà favorable à Jair Bolsonaro lors de la Présidentielle de 2022, l’attaquant de Santos a multiplié les références au chiffre 22, associé au camp de Flávio Bolsonaro.

Dans une vidéo diffusée aux côtés du député Nikolas Ferreira, proche de la famille Bolsonaro, le joueur participe à une séquence reposant sur un jeu de chiffres, faisant notamment référence à son ancien numéro au FC Barcelone et à l’addition 11 + 11. Une allusion interprétée comme un soutien au candidat conservateur, à quelques jours du vote.

Cette prise de position contraste avec celle d’autres figures du football brésilien qui ont choisi de soutenir Lula. Parmi elles, l’ancien milieu de terrain international Juninho Pernambucano et l’ex-capitaine de la Selecao Raí ont affiché leur proximité avec le président sortant.

Ces engagements illustrent la place grandissante des sportifs dans le débat public brésilien. Si leur notoriété leur permet de toucher un large public, leur influence réelle sur les résultats électoraux reste toutefois difficile à mesurer.

Richarlison entre en conflit avec Flávio Bolsonaro

La campagne a également été marquée par la confrontation entre Richarlison et Flávio Bolsonaro. L’attaquant de Tottenham accuse le candidat et l’avocat Willer Tomaz d’avoir pris le contrôle d’une île située près d’Angra dos Reis, au sud de Rio de Janeiro.

Le joueur affirme avoir acquis cette propriété avec des associés pendant la pandémie de Covid-19. Selon sa version, il aurait refusé une offre avant de perdre la possession du bien. Pour étayer ses accusations, il a publié des documents qu’il présente comme des preuves de son acquisition.

De son côté, l’avocat conteste cette version des faits et soutient que Richarlison aurait acheté le terrain à des occupants illégitimes. Lula a annoncé son intention de solliciter une enquête de la police fédérale.

À la veille du scrutin, cette affaire place ainsi l’international brésilien dans une opposition directe avec un candidat à la présidence. Les accusations formulées par les différentes parties restent néanmoins contestées et les responsabilités devront être établies par les autorités compétentes.

Les paris sportifs, un autre front de la bataille

Au-delà des prises de position individuelles, les enjeux économiques du football occupent également une place importante dans cette confrontation politique. Le 25 septembre, Lula a pris une mesure visant les plateformes de paris sportifs à cotes fixes au Brésil, en invoquant notamment le surendettement des ménages et les conséquences sociales des jeux d’argent. 

Cette initiative suscite de vives inquiétudes dans le football professionnel, dont plusieurs clubs dépendent des revenus publicitaires générés par ces opérateurs.

Selon une étude citée par Reuters, les clubs de première division brésilienne ont engrangé environ un milliard de reais de recettes publicitaires directes provenant des sociétés de paris sportifs en 2025. Cette somme représentait près de 10 % de leurs revenus récurrents.

Face à cette perspective, Flamengo et Fluminense ont affiché le slogan « Proibir não é proteger » (« Interdire, ce n’est pas protéger »), lors d’une rencontre disputée au Maracanã. Les fédérations de São Paulo et de Rio de Janeiro ont également fait part de leurs préoccupations, redoutant des conséquences financières importantes pour les clubs.

Flávio Bolsonaro a profité de cette contestation pour promettre des discussions avec les acteurs du secteur afin de rechercher une solution. Cette opposition à la politique gouvernementale ne constitue cependant pas automatiquement une déclaration de soutien à sa candidature.

À travers ces différents épisodes, la Présidentielle brésilienne confirme que le football est bien plus qu’un sport dans le pays. Entre rivalités politiques, engagements personnels et intérêts économiques, il est devenu l’un des principaux espaces où s’expriment les fractures de la société brésilienne.



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