Thiès bouillonne, à quelques jours de la fête de Tabaski. Mais de nombreux pères et mères de famille ne savent plus où donner de la tête. Chacun se désole de la persistance de la crise, même en dehors des grandes fêtes religieuses comme la Korité et la Tabaski), où beaucoup de familles ne mangent plus à leur faim.
Pour A. Diagne, chauffeur de taxi, nombre de familles ne pourront pas célébrer la fête du mouton cette année. Conviction largement partagée par des habitants de la cité rencontrés, pour qui « la situation est d'autant plus affligeante qu'en réalité on peut constater que dans les quartiers populaires, en particulier, le Thiessois vit sa misère au quotidien".
« Beaucoup de Thiessois vont célébrer la Tabaski dans la misère collective et ils ne pourront pas jouir d'une belle fête» se désole ce père de famille marié à deux femmes, croisé en face de l'Hôtel de Ville, « au bord du gouffre ».
Beaucoup d'autres responsables de ménage ne savent plus où donner de la tête. Ils sont sidérés par la cherté des prix des denrées. Comme cette dame rencontrée au marché central, qui n’arrête pas de fulminer : «On assiste à une véritable inflation des prix. »
Dans les différents marchés de Thiès, les lamentations sont unanimes : «Les prix sont généralement très élevés par rapport au pouvoir d’achat des clients. On assiste à une montée en flèche des coûts. » Pour dire qu'à la cité du Rail, on vit au rythme d'une ambiance de veille de fête morose.







