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Transparence de la finance climat : Cinq pays africains réunis à Dakar pour certifier la traçabilité des fonds


Rédigé le Jeudi 15 Octobre 2026 à 21:13 | Lu 76 fois | 0 commentaire(s)




Savoir combien de milliards sont réellement mobilisés pour lutter contre le changement climatique, identifier où va cet argent et mesurer les résultats concrets produits sur le terrain constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour le continent. Pour répondre à cette problématique, le Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique du Sénégal, à travers la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts (DCCTEFV), a organisé un atelier d'échange entre pairs axé sur la transparence de la finance climat. Placé sous le thème « Mise en œuvre du Guide ICAT : expériences, bonnes pratiques et enseignements des pays francophones », cet atelier rassemble des représentants du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Niger et des Comores, sous l’égide de l’Initiative pour la transparence de l’action climatique (ICAT).

​L'objectif central de cette rencontre réunissant des cadres des ministères de l’Environnement et des Finances est de partager les expériences nationales et d'élaborer des solutions opérationnelles pour renforcer le suivi, la traçabilité et la transparence des flux financiers. En effet, la lutte contre le dérèglement climatique ne se limite plus à la simple quête de ressources financières ; elle exige désormais de tracer chaque investissement et d'en évaluer l'impact réel sur le quotidien des populations vulnérables.

​Dépasser les annonces de milliards et certifier chaque « franc climat »

​Représentant l’ICAT, Henning Wuester a insisté sur la nécessité impérieuse de dépasser la logique des simples annonces financières pour bâtir des stratégies nationales crédibles. Selon lui, présenter des Contributions déterminées au niveau national (CDN) assorties de besoins chiffrés en milliards de dollars reste insuffisant si les mécanismes de suivi font défaut. La transparence doit permettre aux États d'évaluer avec précision leurs besoins, de cartographier les financements réellement disponibles et de combler les déficits, tout en guidant les investissements publics comme privés. « La transparence ne constitue donc pas une fin en soi », a-t-il rappelé, soulignant que la donnée doit avant tout éclairer la décision politique et la planification stratégique.

​Du côté du gouvernement sénégalais, Fatou Sagna Sow, représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, a pointé du doigt le paradoxe récurrent auquel se heurtent les pays africains : la lenteur de la concrétisation des promesses internationales face à des dispositifs nationaux de suivi encore en cours de consolidation. Pour le Sénégal, a-t-elle martelé, le financement climatique demeure une urgence absolue.

​« La clarté sur ce que nous recevons, ce dont nous avons besoin et la manière dont nous dépensons chaque franc climat est devenue la clé de voûte de notre crédibilité internationale », a affirmé Fatou Sagna Sow. Elle a vivement plaidé pour une désectorisation de la question climatique, préconisant une implication directe des ministères des Finances pour retracer les dépenses publiques, optimiser les arbitrages budgétaires et intégrer la dimension climatique dans la modélisation économique nationale. Elle a en outre mis en avant les avancées sénégalaises, notamment l'élaboration d'une taxonomie verte et le déploiement d'un système consolidé de collecte de données.

​Pérenniser les outils nationaux en vue de la COP31

​Pour Libass Ba, président du Comité national de changement climatique (COMNAC), le principal défi réside dans l'institutionnalisation durable des outils de transparence. Il a averti que les mécanismes développés grâce à l'appui des partenaires techniques et financiers ne doivent pas s'éteindre à la fin des projets, mais s'insérer définitivement dans le fonctionnement régalien des administrations publiques.

Cette exigence est particulièrement cruciale pour le Sénégal, engagé dans la mise en œuvre de sa CDN 3.0 et la consolidation de son Cadre de transparence renforcé (CTR).

​Au terme des travaux, le décloisonnement de l'information financière entre départements ministériels et la pérennisation des dispositifs techniques constitueront le socle des recommandations. Les conclusions issues de cette rencontre de Dakar viendront directement alimenter un événement parallèle de haut niveau programmé le 13 novembre prochain dans le cadre de la COP31.



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