Dans son rapport consacré à la traite des personnes, le Département d’État américain met en lumière plusieurs formes d’exploitation au Sénégal. Les services de Marco Rubio soulignent notamment les liens entre la traite des personnes, le travail forcé et l’exploitation sexuelle dans le pays.
Confiage et profs qui abusent de leurs élèves
Le rapport met en lumière plusieurs cas de figure. D’abord, certains trafiquants recrutent frauduleusement leurs victimes sous prétexte de pratiques culturelles traditionnelles appelées « confiage », qui consistent à confier des enfants à des proches afin de leur offrir un meilleur accès à l’éducation et à des opportunités économiques.
« Ces enfants sont ensuite exploités par les trafiquants dans le cadre du travail forcé et de la prostitution », indique le document du département d'Etat des Etata Unis d'Amérique.
Il renseigne aussi que dans les établissements scolaires, certains professeurs de lycée exploitent sexuellement des jeunes filles, parfois dans le cadre de la prostitution, en leur proposant des relations sexuelles en échange d’argent, de biens ou de bonnes notes.
Tourisme et l'exploitation sexuelle des enfants
Le secteur touristique n’est pas non plus épargné. Le Département d’État américain signale que « certains touristes exploitent des enfants à des fins d’exploitation sexuelle dans les villes de Dakar et de Saint-Louis, et dans une moindre mesure au Cap Skirring et à La Petite Côte ».
Plus préoccupant encore, des enfants sénégalais sont exploités dans le cadre de la servitude domestique et de l’exploitation minière aurifère. Selon le rapport, ceux qui travaillent dans la pêche, le commerce ambulant et l’agriculture sont également vulnérables à l’exploitation.
L'ampleur du trafic sexuel dans les zones minières
À Kédougou, dans les zones aurifères, la situation est particulièrement préoccupante. « Des femmes et des filles, parfois âgées de seulement 12 ans, sont victimes de trafic sexuel », signale le document. La plupart des victimes sont originaires du Nigeria, mais les trafiquants exploitent également des Sénégalaises et des ressortissantes maliennes, béninoises, burkinabè, ghanéennes, guinéennes, sierra-léonaises et chinoises.
Le rapport décrit notamment le mode opératoire de réseaux nigérians organisés. Ces derniers recruteraient frauduleusement des victimes sous prétexte de leur proposer un emploi, avant de les exploiter sexuellement à Kédougou, souvent par le biais de la servitude pour dettes. Les trafiquants confisqueraient leurs papiers d’identité et leur réclameraient des frais de voyage compris entre 1,7 et 2,3 millions de francs CFA.
Le document cite par ailleurs un rapport d’ONG qui attribue en partie la hausse de la demande de services de prostitution dans les communautés minières à certaines croyances culturelles et religieuses associant les rapports sexuels et les activités illicites à une augmentation des chances de trouver de l’or.
À Mbour, ville côtière, la croissance du tourisme a également entraîné une augmentation de la mendicité infantile et du trafic sexuel, selon le rapport.
La porosité des frontières porte ouverte aux trafics
Le Département d’État américain souligne également que l’insécurité croissante au Burkina Faso, au Tchad et au Niger, conjuguée à la porosité des frontières, facilite le passage des trafiquants et l’exploitation de la vulnérabilité socio-économique des populations concernées.
Le secteur de la pêche est aussi pointé du doigt. Des navires de pêche chinois battant pavillon sénégalais « pourraient exploiter des hommes ouest-africains, notamment sénégalais, et des ressortissants chinois, en les soumettant au travail forcé », avertit le rapport.
Les salons de massage chinois et la présence coréenne
Le document signale également la présence de salons de massage appartenant à des ressortissants chinois dans des zones urbaines et touristiques, présentant des indicateurs de prostitution.
Il évoque enfin des ressortissants nord-coréens travaillant au Sénégal qui pourraient être soumis à des conditions de travail abusives et présenter plusieurs indicateurs de travail forcé.
Le piège de l'immigration clandestine pour l'Europe
Les candidats à l’émigration ne sont pas épargnés. L’insécurité économique et l’instabilité régionale ont contribué à une forte augmentation des migrations clandestines vers l’Europe, notamment l’Espagne, selon le rapport. Ces migrants sont vulnérables à la traite des êtres humains.
Le Département d’État américain indique que des trafiquants recrutent frauduleusement des Sénégalais et des Sénégalaises en leur promettant un emploi à l’étranger, avant de les exploiter par le travail forcé et la servitude domestique, particulièrement au Moyen-Orient.
Plus grave encore, ces réseaux exploiteraient également des victimes sénégalaises en les contraignant à commettre des actes criminels dans le cadre d’escroqueries en ligne à l’étranger.







