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Inondations : ce que vous ignoriez peut-être


Rédigé le Samedi 24 Octobre 2026 à 15:30 | Lu 59 fois | 0 commentaire(s)




Dans la nuit du 4 au 5 octobre, la presqu’île du Cap-Vert a été frappée par d’intenses cellules convectives. En 24 heures, les précipitations ont atteint 142 mm à Rufisque, 137,5 mm à Dakar-Yoff et 111 mm à Keur Massar. Ces cumuls représentent une part importante de la moyenne annuelle de 476 mm. 

Interrogés par Le Soleil, le géographe-hydrologue El Hadji Ousmane Ndiaye et le géographe-urbaniste Souleymane Diallo expliquent comment la configuration naturelle de la région, conjuguée à une urbanisation incontrôlée, aggrave les risques d’inondation.

El Hadji Ousmane Ndiaye rappelle que Dakar présente plusieurs facteurs de vulnérabilité : les zones basses des Niayes de Pikine, une nappe phréatique proche de la surface et d’anciens lits de cours d’eau. Or, les constructions ont progressivement occupé ces espaces naturels. Le bétonnage des dunes aux Parcelles assainies, à Grand Médine et à Guédiawaye n'a rien arrangé, réduisant l’infiltration de l’eau. Le remblaiement des zones humides de Hann Maristes, Thiaroye et Keur Massar perturbe également les écoulements, tandis que certaines infrastructures routières font obstacle au passage de l’eau et favorisent son accumulation dans les quartiers.

Le spécialiste rattache l’occupation de ces zones inconstructibles (non aedificandi) aux décennies de sécheresse qui ont marqué le Sénégal entre 1970 et 2000. L’exode rural a accentué la pression démographique sur Dakar et favorisé l’installation de populations dans d’anciennes dépressions et d’anciens lits de cours d’eau temporairement asséchés. La baisse prolongée des précipitations a progressivement fait oublier les risques liés à ces espaces. Le retour des pluies intenses remet aujourd’hui en évidence leur rôle dans l’écoulement naturel des eaux.

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El Hadji Ousmane Ndiaye souligne par ailleurs que l’évaluation du risque ne peut se limiter au cumul pluviométrique enregistré sur 24 heures. L’intensité des précipitations à un instant donné est également déterminante pour comprendre le ruissellement et dimensionner les ouvrages hydrauliques. Il rappelle d'ailleurs que des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, notamment René Ndimag Diouf, Honoré Dacosta et Halima Laaroubi, ont déjà étudié les bassins versants et les mécanismes des crues urbaines. Leurs travaux constituent des références scientifiques pour mieux anticiper les inondations.

De son côté, Souleymane Diallo pointe les insuffisances de la planification urbaine. Il estime que plus de 80 % des logements dakarois sont issus de l’autoconstruction et que 25 à 30 % de l’habitat se situe dans des quartiers informels. Selon lui, le manque de documents d’urbanisme adaptés et l’application insuffisante des règles ont compliqué le contrôle de l’occupation des sols.

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Pour le géographe-urbaniste, le nouveau plan décennal annoncé par le gouvernement ne doit pas se limiter à la construction de canalisations et de stations de pompage. La réponse doit aussi passer par la restructuration des quartiers exposés, un meilleur encadrement des constructions et la préservation des espaces naturels nécessaires à l’évacuation des eaux. Selon l'interlocuteur du quotidien national, il urge d’associer les ouvrages hydrauliques à une planification urbaine rigoureuse.



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