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Train de vie de l'État, subventions et bourses sociales : La réplique détaillée du Premier ministre au groupe Pastef


Rédigé le Dimanche 25 Octobre 2026 à 23:32 | Lu 57 fois | 0 commentaire(s)




Contre-offensive point par point du chef du gouvernement. Face aux cinq préalables posés par le groupe parlementaire Pastef sur le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, le Premier ministre Al Aminou Lo s'est livré à une démonstration méthodique. Bourses de sécurité familiale, subventions énergétiques, fonds d'urgence de la Banque mondiale, réduction du train de vie de l'État et crédits spéciaux : l'exécutif démonte les critiques, défend ses arbitrages sociaux et réitère son appel à un dialogue institutionnel direct avec Ousmane Sonko avant la plénière de ce mardi.

​Les priorités sociales et le pouvoir d’achat au cœur des arbitrages

​Face aux exigences formulées par Pastef, Al Aminou Lo a expliqué que le contexte économique impose des choix entre les investissements publics et les dépenses sociales. Pour le Premier ministre, il ne suffit pas de réclamer la préservation simultanée de tous les investissements et le renforcement des dépenses sociales sans tenir compte des contraintes budgétaires. « Notre arbitrage, c’est les priorités sociales sous contrainte de l’investissement public », a-t-il déclaré, précisant que le gouvernement entend préserver les investissements susceptibles d’être exécutés avant la fin de l’année, tout en accordant une place centrale à la protection des populations vulnérables.

​Pour illustrer cette orientation, il a évoqué les bourses de sécurité familiale, dont l’enveloppe, selon les chiffres avancés dans son intervention, est passée de 35 à 70 milliards de francs CFA en 2026, avec un objectif de 140 milliards en 2027. Le nombre de ménages bénéficiaires devrait également atteindre un million en 2027, contre environ 400 000 prévus en 2026. Le chef du gouvernement a rejeté les accusations selon lesquelles cette augmentation répondrait à des considérations politiques. Il a soutenu qu’elle vise à mieux prendre en charge les ménages pauvres et vulnérables. Concernant le coût de l’énergie, le Premier ministre a défendu la nécessité de maintenir des mécanismes de soutien face au choc international, tout en préparant une réforme durable des subventions. L’objectif est notamment d’améliorer le ciblage des bénéficiaires et de mieux protéger les ménages les plus exposés à la hausse des prix.

​Banque mondiale, train de vie de l’État et crédits spéciaux : Al Aminou Lo répond aux critiques

​La troisième préoccupation concerne la transparence des financements d’urgence de la Banque mondiale, évoqués à hauteur de 120 milliards de francs CFA. Al Aminou Lo a expliqué que ces mécanismes sont conçus pour aider les États à faire face à des chocs importants et à limiter leurs conséquences économiques et sociales. Il a défendu l’utilisation de ces ressources pour soutenir le secteur énergétique et les bourses de sécurité familiale, estimant que leur mobilisation répond à l’objectif même du dispositif. Il a, dans le même temps, dénoncé la diffusion d’informations qu’il juge inexactes et invité les députés à demander des explications plutôt qu’à relayer des accusations.

​Sur la réduction du train de vie de l’État, le Premier ministre a affirmé que des efforts avaient déjà été engagés sur les dépenses de fonctionnement. Il a notamment évoqué des réductions de crédits consacrés aux fournitures, aux consommables, aux conférences, aux séminaires et aux cérémonies. Dans plusieurs services, les diminutions auraient atteint 50 à 80 % des crédits disponibles, hors secteurs sociaux.

​La rationalisation du secteur public a également été abordée. Au sujet des 19 entités concernées par une éventuelle réorganisation, Al Aminou Lo a assuré que le gouvernement poursuivrait le travail, tout en refusant de se précipiter. Il a insisté sur la nécessité d’évaluer les propositions et de tenir compte du sort des agents concernés avant toute décision. Le chef du gouvernement s’est aussi exprimé sur les crédits spéciaux. Il a rappelé que ces fonds peuvent notamment servir à répondre à des situations urgentes et sensibles, telles que certaines évacuations sanitaires, tout en se disant ouvert à des discussions sur leur encadrement. Il a invité le groupe parlementaire à reprendre les échanges avec le gouvernement dans un climat serein.

​La sincérité budgétaire et la transparence de la dette en question

​La cinquième préoccupation porte sur la sincérité budgétaire et la transparence de la dette. Sur ce point, M. Lo a réaffirmé la volonté du gouvernement de garantir une meilleure lisibilité des finances publiques et s’est déclaré disposé à fournir les éclaircissements nécessaires.

​Au-delà des divergences autour de la LFR 2026, le Premier ministre a appelé les acteurs politiques à placer les intérêts du Sénégal au-dessus des calculs partisans. Il a notamment renouvelé son invitation au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, pour une rencontre dès le lendemain, avec le ministre des Finances et les autres membres du gouvernement concernés. L’objectif est de clarifier les points de désaccord avant la séance plénière de mardi et de favoriser le dialogue entre les deux institutions. « Nous ne sommes pas des ennemis. Nous ne sommes pas des adversaires. L’exécutif et le législatif doivent dialoguer », a insisté Al Aminou Lo, réaffirmant sa disponibilité à rencontrer Ousmane Sonko pour discuter des préoccupations soulevées autour du texte budgétaire.



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