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Thiès : Pourquoi un Colonel des Eaux et Forêts en veut à la Mairie


Rédigé le Mercredi 2 Septembre 2026 à 11:49 | Lu 56 fois | 0 commentaire(s)




Au lendemain de l’orage dévastateur du jeudi 20 août 2026 qui a frappé la Cité du Rail, le constat dressé par le Colonel Abdourahmane Samoura, ingénieur des Eaux et Forêts et paysagiste DPLG, est catégorique. Selon lui, l’effondrement massif du patrimoine arboré de la ville n'est pas « une simple fatalité climatique », mais résulte directement d'une « négligence systémique » et d'un système d'« élagage marchand » qui prend les lives des citoyens en otage.

​À travers une tribune citoyenne poignante, l'officier supérieur rappelle les heures d'angoisse vécues par les populations lors des pluies diluviennes accompagnées de puissantes rafales. Un rapport du Service régional des Eaux et Forêts fait état de la chute brutale de « plus de 70 arbres », notamment des caïlcédrats et des neems, sur l'ensemble du périmètre urbain.

​Du centre-ville historique aux quartiers périphériques comme la Cité Ballabey, la Cité Ousmane Ngom, Grand-Thiès ou l’avenue Serigne Saliou Touré, de grands arbres se sont effondrés sur la chaussée, écrasant des véhicules, coupant les réseaux électriques de la Senelec et bloquant la circulation. Les dégâts matériels sont importants : des pans de murs se sont écroulés au Camp Tropical du Groupement mobile d’intervention (GMI) ainsi qu’à la Compagnie de gendarmerie, tandis que plusieurs toitures ont été arrachées.

​Face à ce paysage de chaos, le Grand Officier de’Ordre National du Lion rejette fermement les justifications d'usage. Il affirme que « les autorités locales plaideront le dérèglement climatique et la “force majeure” », qualifiant cela de « mensonge commode pour masquer une faillite technique ». Selon l'expert, « les caïlcédrats centenaires ne cèdent pas sous le vent à cause de leur seul âge ; ils s’effondrent parce qu’ils sont méthodiquement sabotés à la tronçonneuse tout au long de l’année. »

Le scandale de l'« élagage marchand »

​Le Colonel Samoura pointe du doigt la gestion municipale des chantiers d'élagage, souvent confiés à « des bûcherons de fortune ou à des opportunistes non qualifiés ». Leur unique rémunération repose sur « le bois noble de l’arbre sacrifié ». Pour maximiser leur gain en bois d’œuvre ou en charbon, ces intervenants « ne taillent pas, ils mutilent ». Ils procèdent à des coupes abusives, étêtant les arbres et amputant de grosses branches saines, laissant ainsi des troncs déséquilibrés et fragilisés.

​Cette pratique barbare, combinée à l'absence de suivi sylvicole, transforme ces arbres en véritables « bombes à retardement urbaines ». Essence héliophile, le caïlcédrat développe en milieu urbain un profil longiligne à la recherche de lumière. En l'absence de taille directionnelle appropriée, le houppier devient trop lourd pour un tronc affaibli, créant un effet de levier mécanique dévastateur lors des fortes intempéries.

​Pour mettre fin à cette situation, l'expert préconise un encadrement scientifique strict de l'élagage urbain. Il recommande notamment de respecter le calendrier végétatif en réalisant la taille de sécurisation durant la saison sèche fraîche, entre décembre et février, période de repos de la sève garantissant une cicatrisation optimale.

​Le Colonel Samoura appelle enfin à « exiger des comptes et des réformes face aux prédateurs de bois » et exige d'« interdire définitivement le troc de bois entre la collectivité territoriale et les bûcherons privés », afin que la sécurité des citoyens ne soit plus sacrifiée.



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