Dans un entretien accordé à L’Observateur, le maire de Keur Massar Nord, Adama Sarr, hausse le ton contre la suspension des travaux du complexe sportif du Terminus 54 par la Direction générale de surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (DGSCOS). Il dénonce une décision qui, selon lui, menace directement le calendrier des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, alors que cette infrastructure doit accueillir plusieurs activités liées à l’événement.
L’édile conteste frontalement les prérogatives de la DGSCOS et récuse son intervention sur le chantier. Il rappelle que le terrain appartient à la commune et que l’autorisation de construire relève de la municipalité : « La DGSCOS n’est pas habilitée à donner des autorisations de construire. Elle ne s’occupe que du contrôle. C’est le maire qui autorise les constructions dans sa commune », assène-t-il. Adama Sarr écarte également toute idée de conflit foncier, assurant qu’« il n’y a aucun litige, aucune plainte au niveau du site ».
Face à ce qu’il juge être une intervention injustifiée, le maire prend ses responsabilités. Il affirme avoir enjoint à l’entreprise chinoise chargée du chantier de poursuivre les travaux et de ne pas déférer à la convocation de la DGSCOS. « J’ai demandé à l’entreprise de continuer les travaux », confirme-t-il, assumant sa décision de passer outre l’injonction.
Alors que le chantier accuse déjà un retard, Adama Sarr alerte sur les conséquences d’un blocage prolongé. L’entreprise avait annoncé une livraison au cours du mois d’octobre. Le complexe, destiné à abriter un terrain synthétique de football, un terrain de basket-ball aux normes de la FIBA et un terrain de handball, devrait idéalement être livré au plus tard le 31 octobre.
À quelques semaines des JOJ, le maire met en garde contre les répercussions d’un arrêt prolongé sur le programme prévu à Keur Massar. « Si l’arrêt persiste, il pourrait y avoir un retard sur la livraison des ouvrages » et « perturber le calendrier des activités prévues sur ce site », prévient-il. Il rappelle que cette infrastructure est la seule réalisée à Keur Massar dans le cadre des JOJ et qu’elle doit permettre à la jeunesse locale de participer pleinement à l’événement.
Malgré le bras de fer engagé avec la DGSCOS, l'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias affiche sa confiance quant à un dénouement favorable. Estimant qu’aucun motif valable ne justifie, selon lui, la mise à l’arrêt du chantier, il en appelle aux autorités compétentes pour débloquer rapidement la situation et permettre l’achèvement des ouvrages dans les délais.








