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Théodore Chérif Monteil : « On est dans une situation de catastrophe »


Rédigé le Dimanche 8 Novembre 2026 à 21:23 | Lu 19 fois | 0 commentaire(s)




Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 pourrait ouvrir une séquence institutionnelle particulièrement délicate pour le Sénégal. Entre reconduction de l'ancien budget, recours controversé à l'article 86 de la Constitution et éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale, Théodore Chérif Monteil redoute une impasse aux conséquences lourdes. Lors de la conférence de presse tenue ce dimanche 8 novembre 2026, il a passé au crible les leviers constitutionnels à la disposition de l'exécutif, avant de lancer un avertissement : « On est dans une situation de catastrophe ».

​L'analyste identifie trois mécanismes susceptibles d'être mobilisés. Le premier, l'exécution du budget par décret après le délai constitutionnel de 72 jours, permettrait de reconduire l'ancienne loi de finances, mais avec des marges de manœuvre limitées. Selon lui, cette option ne permettrait pas à l'État de disposer de nouveaux crédits ni de recourir normalement à l'emprunt, faute de validation parlementaire. Le deuxième levier, l'article 86, alinéa 6, permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement sur un projet de loi de finances. Mais son articulation avec les dispositions relatives à la motion de censure soulève, selon lui, une véritable controverse constitutionnelle.

​Reste l'article 87, qui ouvre la voie à la dissolution de l'Assemblée nationale. Une perspective que Monteil juge tout aussi risquée, au regard du calendrier institutionnel et des incertitudes politiques qu'elle pourrait entraîner. Pour lui, aucune de ces options ne constitue une véritable issue si les responsables politiques ne parviennent pas à renouer le dialogue. « Il n'y a pas de solution, sauf s'ils se réconcilient et décident de travailler ensemble ou de clarifier la situation politique », prévient-il.

​Mais son intervention ne s'est pas limitée aux responsabilités de l'exécutif et du Parlement. Théodore Chérif Monteil a également pointé la part de responsabilité des citoyens dans la crise politique actuelle. Évoquant les trois millions de Sénégalais détenteurs d'une carte d'électeur qui ne se rendent pas aux urnes, il les appelle à sortir de l'indifférence. « Il faut que ces gens-là sachent qu'ils sont aussi responsables de cette majorité qui refuse d'aller voter », insiste-t-il. Un rappel qui résume son message : la responsabilité de la situation nationale ne repose pas uniquement sur les dirigeants, mais engage également les citoyens.



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